Le centre-ville de Lac-Mégantic en 10 arrêts

C’est un sinistre jamais vu dans l’histoire du Québec moderne. Un trou béant de 2 km2 au cœur d’une ville de moins de 6000 habitants, 110 bâtiments détruits par le feu ou démolis par nécessité. On savait qu’il faudrait plus de cinq ans pour tout rebâtir. Néanmoins, Lac-Mégantic reprend vie avec style et garde résolument le cap sur son plan de reconstruction, un pas à la fois, cherchant à faire les meilleurs choix pour l’avenir. Visite en 10 arrêts sur un chantier forgé d’embûches et d’espoir.

1. Centre-ville 

Le périmètre du centre-ville historique a été élargi pour englober les secteurs Papineau et Salaberry, où la plus grande partie de l’offre commerciale est bien relancée. Le défi consiste désormais à rebâtir le centre-ville historique sans nuire aux deux secteurs déjà en activité. Selon le Bureau de reconstruction, il reste huit terrains vacants dans ce périmètre, soit le quart de l’espace à rebâtir.

2. Mixité

Le souhait de la population est que le centre-ville historique présente comme auparavant une mixité d’usage. Cela semble avoir été entendu avec entre autres un parc en construction, des projets résidentiels conventionnels, des immeubles qui présentent des locaux commerciaux au niveau de la rue Frontenac ainsi qu’un complexe de logements à prix abordables qui intégrera un service de garde atypique et un parc de jeux intérieurs.

3. Voie ferrée

La présence de la voie ferrée au centre-ville n’a pas ralenti la reconstruction, assure-t-on du côté du Bureau de reconstruction. Les gouvernements ayant récemment annoncé une voie de contournement ferroviaire du centre-ville d’ici 2022, les décideurs commencent toutefois à évoquer des scénarios sur ce qui adviendra de l’actuel tracé, propriété de la Central, Maine and Quebec Railway, en gardant en tête que le train a tout de même donné naissance à la ville et façonné son économie.

4. L’Espace de mémoire

Le mémorial qui prendra place en 2019 sur le site de l’ancien Musi-Café est toujours en conception par un comité de citoyens et de représentants des familles endeuillées, accompagné par un architecte des Ateliers Pierre Thibault. Il y aura néanmoins un aménagement temporaire cet été afin que la population puisse « se réapproprier les lieux et s’y recueillir ».

5. La Marche du vent

Le long trottoir de bois construit depuis l’an Un de la tragédie s’enrichit cette année de photos historiques et de panneaux d’interprétation pour comprendre le chemin parcouru depuis 2013. Tandis que la Maison du vent, qui se faisait bureau touristique auparavant, devient une vitrine sur le microréseau électrique qu’Hydro-Québec veut implanter à Lac-Mégantic.

La Marche des vents

6. Marcheur d’étoiles

Les 48 sculptures monumentales créées au cours des trois symposiums du Conseil de la sculpture du Québec sont désormais reliées dans un parcours interactif de 2 km ceinturant les trois secteurs du centre-ville sous le thème Marcheur d’étoiles.

7. Parc des Générations

Aménagé à l’endroit où la coulée de pétrole a ouvert une percée visuelle sur le lac Mégantic, le parc des Générations prend forme actuellement. Il fera le lien entre le mémorial de la tragédie et le parc des Vétérans et se veut un espace de rencontre et de contemplation.

8. Église Sainte-Agnès

Après avoir été un lieu de rassemblement et de réconfort au plus fort du drame, l’église Sainte-Agnès reste un symbole puissant de la résilience de la communauté. Elle accueille désormais entre ses murs une exposition pour mieux comprendre l’accident ferroviaire et pour saluer l’importante vague de solidarité qui a aidé les Méganticois à se relever.

Église Sainte-Agnès

9. Des projets à attacher
La maison des énergies Le Colibri, le complexe hôtelier, la réhabilitation de l’ancienne usine Billots Sélect, ainsi que l’Institut en culture de sécurité industrielle sont quatre projets bien vivants, mais en repositionnement ou en recherche de financement, précise le Bureau de reconstruction.

10. 5 ans
Est-ce qu’on aurait pu poser plus de briques pour reconstruire Lac-Mégantic en 5 ans? « On a tendance à voir la surface, répond la directrice générale de la Ville, Marie-Claude Arguin. Mais il faut se rappeler que ç’a pris deux ans et demi pour décontaminer et un an pour rebâtir les infrastructures et enfouir les services. Ça veut dire qu’en un an et demi on a rebâti plus de la moitié du centre-ville. C’est très positif. »