En plus d’occuper la fonction de directeur général, Samuel Fortier est titulaire de classe et enseigne aussi les sciences, l’éducation physique, et l’éthique et cultures religieuses au primaire.
En plus d’occuper la fonction de directeur général, Samuel Fortier est titulaire de classe et enseigne aussi les sciences, l’éducation physique, et l’éthique et cultures religieuses au primaire.

Le Camp Val-Estrie redeviendra une école

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
Le bâtiment situé sur l’ancien Camp Val-Estrie redeviendrait une école dès la prochaine rentrée scolaire. Nommée Mission, il s’agirait d’une continuité de La Source, une école primaire privée alternative enseignant les valeurs chrétiennes. En plus du bâtiment, l’Institut chrétien d’enseignement de l’Estrie se porterait acquéreur de sept acres de terrain.

En attendant d’obtenir le changement de zonage qui est actuellement identifié comme récréatif, l’organisation loue les installations. Une entente est tout de même signée pour l’achat de la propriété, selon la direction. Rappelons que de 1942 à 1974, l’orphelinat de Waterville et le Collège Val-Estrie ont occupé ces locaux. 

Une quarantaine d’élèves s’amèneraient donc dans ce bâtiment, qui accueillera des élèves de première et deuxième secondaire lors de la première année. Quatre ou cinq enseignants seront embauchés. À terme, l’école devrait accueillir une centaine d’élèves, soit cinq groupes de 20 jeunes. 

Combien ce projet va-t-il coûter ? « C’est beaucoup d’argent, répond le directeur général de l’école, Samuel Fortier. C’est un projet qui nécessite un investissement de base. Il y aura des améliorations dans le temps. On veut avoir un ascenseur, par exemple. Pour démarrer le projet, la bâtisse est dans un bon état. Une partie de la bâtisse est en classe. On va rafraîchir et investir dans la technologie. Nous pouvons démarrer nos activités pour un coût raisonnable », dit celui qui, en plus d’occuper la fonction de directeur général, est titulaire de classe et enseigne aussi les sciences, l’éducation physique, et l’éthique et cultures religieuses au primaire.

Le reste des 400 acres demeurerait aux actuels propriétaires, qui utilisent le terrain pour l’agriculture. « Toutes les belles installations qui sont là demeurent. On va être propriétaires du mur d’escalade, de la piste d’hébertisme, entre autres », précise M. Fortier.

École alternative

Mission, comme toute école alternative, veut sortir des sentiers battus. Pas question de corridors et de rangées de casiers froids. « Il y aurait une section centrale qui serait un salon avec un café géré par les étudiants. Les classes gravitent autour. Il y a un endroit de casiers et de vestiaires, mais l’endroit de vie principal, c’est un salon, une salle de jeu, des divans pour que les jeunes puissent converser et soient les bienvenus. C’est leur endroit », indique M. Fortier, en faisant visiter les installations à La Tribune

« Le premier étage offrirait des services à la population, comme des salles où on pourrait faire des activités multiâges, un gym, un service comme une coiffeuse, poursuit Samuel Fortier. Ça amène une certaine proximité entre les adolescents et le reste de la société », exprime-t-il, précisant que les classes se trouveraient aux étages supérieurs.

La philosophie de l’établissement est différente des écoles traditionnelles. « L’idée, au niveau secondaire, c’est de donner des défis aux jeunes. Souvent, ils finissent leur secondaire et ne savent pas quoi faire dans la vie. À la place d’aller vers des parcours de santé globale, on a décidé d’aller vers des milieux appliqués, comme des mini stages en emploi. Ils vont découvrir différents types d’emplois. Les emplois ciblés sont en lien avec la personne humaine, car on pense que les humains se développent lorsqu’ils sont en relation. On parle de services de garde, de milieux scolaires, mais aussi de personnes âgées », explique le directeur. 

Foi

Samuel Fortier assure que les élèves ne sont pas obligés d’aller à l’église. « On a des gens qui ne fréquentent pas l’église, d’autres qui la fréquentent, commente-t-il. Dans les enseignants, il y a des protestants et des catholiques. C’est ce qu’on peut appeler une démarche de foi. Le message chrétien est optimiste. »

« C’est important de donner le meilleur à nos jeunes, enchaîne M. Fortier. Parmi les choses qu’on trouve important de donner à nos jeunes, qui vient d’abord de la tradition au Québec, mais aussi d’ailleurs dans le monde, c’est la foi en Dieu. Je dois décider dans ma vie si Dieu existe. C’est une réponse personnelle. La Bible donne certaines explications et peut aider quelqu’un à vivre sa vie de manière intéressante. »

« Le libre choix est important, sinon c’est un concept de valeur, un enseignement. On est au niveau du développement de la personne, pas de l’enseignement. On n’est pas en train d’enseigner aux enfants à prier, par exemple. C’est plus dans l’approche, une façon de vivre sa vie, un modèle des enseignants envers les élèves. On voit la vie de façon positive. On n’est pas déprimés, on tente de montrer le beau côté des choses et quand ça ne va pas bien, on trouve des solutions », résume le directeur.

L'école primaire La Source, qui appartient à la même organisation et est située dans le secteur Lennoxville, existe depuis 2012. 

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La mairesse en confiance

La mairesse de Waterville, Nathalie Dupuis, a bien confiance que le zonage soit changé pour que l’école Mission puisse prendre place dans l’ancien bâtiment du Camp Val-Estrie. 

« La demande a déjà été faite à la MRC et la MRC a déposé la demande au ministère des Affaires municipales, exprime Mme Dupuis. Je ne sais pas à quelle vitesse ça va aboutir, car il y avait des enjeux par rapport à l’endroit où se trouve le bâtiment : il n’est pas en zone urbaine. Le ministère ne désire pas autoriser des écoles qui ne sont pas en zone urbaine. Mais on s’entend pour dire que la zone urbaine n’est pas loin. C’est là-dessus que les négociations portent », exprime-t-elle, rappelant que l’école des Enfants-de-la-Terre est déjà située juste à côté. 

« On espère que ça va aboutir, car ça fait quelques mois qu’ils ont la demande en mains, enchaîne la mairesse. Ils ont 120 jours pour répondre, donc ça devrait aboutir prochainement. On va se garder une réserve, car ces processus ne sont pas toujours rapides. »

Nathalie Dupuis ne se dit pas inquiète de la philosophie chrétienne et alternative de l’école qui devrait s’établir sur son territoire dès août 2020. « Quelque part, c’est le même programme que le ministère de l’Éducation demande aux écoles régulières. C’est seulement au niveau des valeurs qu’ils vont se distinguer. Les manuels scolaires sont semblables aux écoles régulières. De la façon dont j’ai compris, c’est un peu comme le mouvement scouts, qui est un mouvement chrétien à la base. L’école est axée sur un mouvement chrétien large. Ce n’est pas un mouvement sectaire », analyse la mairesse. 

De plus, ce genre d’offre pourrait attirer de nouveaux citoyens dans la municipalité. « Ce qui rend aussi l’école intéressante, comme les élèves n’ont pas nécessairement accès au transport scolaire, ça peut faire en sorte que les gens viennent s’installer à Waterville », ajoute-t-elle. 

« Juste le fait que le bâtiment trouve une nouvelle vocation et qu’il soit animé, c’est mieux que lorsqu’il est inoccupé. Ça nous rassure, car il n’y a rien comme laisser un bâtiment à l’abandon pour qu’il se détériore plus rapidement. C’est un très beau bâtiment... Il faut faire confiance », résume la mairesse.