Jeanette Lepage et son conjoint, Serge Roy, connaissent bien le marché de la location court terme à Orford.
Jeanette Lepage et son conjoint, Serge Roy, connaissent bien le marché de la location court terme à Orford.

Le bras de fer se poursuit à Orford

Jean-François Gagnon
Jean-François Gagnon
La Tribune
Le bras de fer engagé entre les partisans de la location à court terme, au Domaine Chéribourg, et ceux qui veulent limiter cette pratique, au même endroit, ne semble pas près de se terminer.

La Tribune a obtenu copie d’une pétition signée par une série de propriétaires d’entreprises d’Orford qui souhaitent qu’aucune nouvelle restriction ne s’applique en matière de location à court terme au Chéribourg.

Une quinzaine d’entreprises locales réclament que le Canton d’Orford fasse marche arrière dans ce dossier. Elles interviennent pour « protéger l’économie locale ».

« Les chalets en question ont été construits et conçus pour la location à court terme. Le fait de ne plus permettre ce type d’activité aura pour effet de pénaliser à coup sûr les commerçants et restaurateurs d’Orford », est-il écrit dans la pétition, laquelle suggère que d’autres zones semblables seront touchées plus tard.

De plus, les signataires de la pétition affirment que le Canton pourrait nuire à sa propre réputation. « Orford a une très bonne réputation d’accueil et le fait de transformer la municipalité en banlieue pour résidents intolérants risque de créer un exode vers des villes plus accueillantes. Par exemple, Bromont est déjà très prisée et plus près de Montréal », note-t-on.

Enfin, ils suggèrent de faire le nécessaire pour que les touristes trop bruyants ou désagréables ne puissent pas embêter le voisinage très longtemps. « Il y a moyen de mettre en place des mesures pour que les locataires « sauvages » soient identifiés et expulsés de manière à ce que tout le monde soit satisfait. »

Connaissant fort bien le marché de la location de chalets à Orford, Jeanette Lepage note quant à elle que la bataille qui a cours en ce moment a déjà été menée il y a une douzaine d’années.

« Quand on parle aux policiers, ils nous disent que les problèmes de nuisance ne sont pas plus graves au Chéribourg alors pourquoi vouloir aller dans ce sens-là », mentionne Mme Lepage. 

Et elle laisse entendre qu’une réglementation plus sévère a parfois des effets pernicieux. « Quand les municipalités n’écoutent pas le milieu dans de tels dossiers, ça peut malheureusement favoriser Airbnb et la location illégale », indique celle qui siège au conseil d’administration de la Corporation de l’industrie touristique du Québec.

Mairesse d’Orford, Marie Boivin assure pour sa part que son administration s’efforce « d’être dans le dialogue avec les deux parties impliquées. Il y a beaucoup de pour et de contre dans ce dossier. »

Elle ajoute d’autre part que la densité du développement au Chéribourg fait de ce lieu un quartier qui se démarque et où les nuisances s’obtiennent peut-être plus facilement. « C’est différent de ce qu’on retrouve autour du Manoir des sables et à l’Estrimont, si on veut comparer », dit Mme Boivin.