Tout en observant que le consensus social sera difficile à obtenir, le BAPE dépose un avis favorable à la construction d’une voie de contournement ferroviaire à Lac-Mégantic selon le tracé annoncé par les gouvernements en 2018, et à la condition que l’on déplace les activités de triage et d’entreposage dans le parc industriel.

Le BAPE favorable à la voie de contournement

Tout en observant que le consensus social sera difficile à obtenir, le BAPE dépose un avis favorable à la construction d’une voie de contournement ferroviaire à Lac-Mégantic selon le tracé annoncé par les gouvernements en 2018, et à la condition que l’on déplace les activités de triage et d’entreposage dans le parc industriel.

Le président de la commission d’enquête Joseph Zayed recommande aussi que pour éviter tout retard dans le projet, la relocalisation de la gare de triage, confirmé tardivement dans le dossier par le fédéral, soit soumise le plus rapidement possible à l’analyse du ministère de l’Environnement du Québec.

« Cette relocalisation [...] contribuerait à accroître le niveau de sécurité, un enjeu qui s’avère crucial pour la commission », insiste-t-il. 

La commission d’enquête conclut également des travaux qu’elle a menés à Lac-Mégantic en juin et juillet dernier que la population est encore vulnérable et que les résidents qui devront habiter près de la voie ferrée projetée « mériteraient » d’être soutenus psychologiquement « surtout s’ils vivent présentement loin de la voie ferrée actuelle ». 

« On est très satisfaits des recommandations et surtout de la façon dont le rapport est écrit, a commenté la mairesse de Lac-Mégantic Julie Morin. Ça fait presque sept ans, déjà, la tragédie. C’est un dossier encore très émotif et complexe, et on sent très bien la sensibilité que le commissaire a pu avoir envers tous les citoyens qui sont venus s’exprimer. On sent que tout le monde a été entendu. »

La mairesse et ses homologues de Nantes et de Frontenac, Jacques Breton et Gaby Gendron, ont réagi conjointement jeudi à la publication du rapport qui avait été remis deux semaines plus tôt au ministre de l’Environnement Benoit Charette.

« Le commissaire relève bien le fait que peu importe le tracé qui aurait été choisi, les impacts se feraient sentir d’une part ou de l’autre. Le tracé ne changera pas. Maintenant nous avons le devoir de l’accepter et de poursuivre le travail amorcé pour accompagner les citoyens afin de minimiser les impacts sur leur quotidien », a souligné M. Breton.

« Est-ce que le tracé est parfait? Non, il n’y a pas de tracé parfait dans ce cas-là, renchérit Mme Morin, mais il a été jugé plus avantageux, autant par les gouvernements que par le commissaire, aujourd’hui, qui est indépendant et qui a étudié plusieurs critères, autant humains, environnementaux, techniques que les coûts de construction. »

« Et puisque c’est le tracé qui avait été annoncé par les gouvernements, ça nous permet de croire que le projet pourrait avancer rapidement », espère-t-elle, en rappelant que des études plus poussées des autres variantes pourraient entraîner d’importants délais. 


Après l’analyse de plusieurs critères, le BAPE est d’avis que le tracé en rouge sera la meilleure option pour la voie de contournement de Lac-Mégantic. Les variantes au nord de la route 161 à Nantes (en orange) et dans le trécarré des lots à Frontenac (en jaune) sont beaucoup plus coûteuses et entraîneraient de nouveaux délais, sans amener d’avantages significatifs. C’est aussi le tracé qui avait été annoncé par les gouvernements en mai 2018.

Les maires ont également dit leur satisfaction de voir que l’importance de relocaliser les activités de triage avait été reconnue par les commissaires.

« Pour Frontenac, a dit le maire Gaby Gendron, il était primordial que les activités de triage soient relocalisées dans le parc industriel de Lac-Mégantic afin d’accroître la sécurité de la population. Le triage se faisant dans le bas des pentes, les risques de voir une autre tragédie se produire sont réduits. La commission a pu l’entendre et le comprendre pour ainsi appuyer le milieu. » 

Cet enjeu, rappelle la mairesse Morin, a fait consensus parmi les trois municipalités, les industriels, la Société de développement économique et la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire, et avec la réélection du gouvernement Trudeau lundi, elle ne doute pas que le dossier ira de l’avant rapidement.

Le rapport du BAPE déposé, il revient maintenant au ministre de l’Environnement de faire sa recommandation au conseil des ministres, qui prendra la décision finale d’autoriser ou non le projet, avec ou sans modification.

« Le ministre a pris acte du rapport, confirme la direction des communications du MELCC, et l’évaluation environnementale du projet se poursuit en consultation avec les autres ministères concernés. »

« Le ministre tient à souligner que, grâce au processus du BAPE, la population a pu être entendue et il rappelle l’importance de considérer la vulnérabilité des résidents de la région, touchés par le drame de 2013 et par le récent déraillement du mois d’août dernier dans la ville de Nantes », ajoute-t-on.

Les autorités municipales attendent sa décision d’ici la mi-décembre.