Aux prises avec des amendes totalisant 361 000 $, Steve Côté songe à abandonner sa production de sirop d'érable, de façon à mettre fin à ses démêlés avec la Fédération des producteurs acéricoles du Québec.

L'acériculteur Steve Côté songe à abandonner

Aux prises avec des amendes totalisant 361 000 $, Steve Côté songe à abandonner sa production de sirop d'érable, de façon à mettre fin à ses démêlés avec la Fédération des producteurs acéricoles du Québec.
Le producteur de Sawyerville est aux prises depuis des années avec les règles de mise en marché de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec. Celui-ci voudrait pouvoir exporter son sirop d'érable sans avoir à passer par les mécanismes prévus par la loi.
En juin 2015, M. Côté s'est vu imposer une amende 421 000 $ de la Régie des marchés agricoles pour ne pas être passé par la Fédération pour vendre sa production de sirop des années 2009 à 2012. Il s'est de plus fait saisir sa production 2013, 2014, 2015 et une hypothèque légale a été déposée sur ses biens meubles et immeubles.
L'automne dernier, la Cour supérieure et la Cour d'appel ont entériné les décisions prises par la Régie. Au même moment, la Fédération des producteurs acéricoles du Québec a exercé une partie de ses droits compensatoires pour réduire le montant de l'amende toujours impayée à 361 000 $.
Or, compte tenu de l'ampleur du montant qu'il lui reste à acquitter, M. Côté dit envisager de mettre fin à sa production découlant de ses 25 000 entailles.
« Je ne sais pas si je vais entailler cette année, dit-il. Mon avocat m'a dit qu'il avait reçu une lettre de la Fédération disant que si j'entaille, ils vont saisir ma production. Est-ce que ça me tente de recommencer? Selon mes calculs, si je paie l'amende, je vais devoir travailler pour rien pendant 20 ans avant d'avoir remboursé mon prêt. Tout ça pour avoir produit du sirop d'érable. Ce n'est pas comme si j'avais eu un laboratoire clandestin pour produire de la métamphétamine... », affirme le producteur âgé de 51 ans.
Celui-ci dit ne pas être opposé aux mécanismes de la Régie des marchés agricoles, ni même à l'existence de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec. Il dit plutôt en avoir contre l'obligation d'en faire partie.
« Le problème, c'est que le législateur leur a donné tous les pouvoirs, déplore-t-il en parlant de la Fédération des producteurs acéricoles. Toute la législation est de leur bord et ils s'en servent... C'est dur à avaler pour un producteur qui paie ses taxes, ses impôts et tous ses investissements. Pendant ce temps, la Fédération n'a rien à financer. Tout ce qu'elle a à faire, c'est de collecter... »
Selon lui, les producteurs de sirop d'érable devraient avoir la liberté d'adhérer ou non aux mécanismes de mises en marché.
Pour ce qui est de sa production, M. Côté ne cache pas que sa décision de poursuivre ou non repose en partie sur le sort qui sera réservé à Angèle Grenier, une productrice de Sainte-Clothilde-de-Beauce, qui a décidé de porter son litige devant la Cour suprême.