Dans un communiqué, Robert Bellefleur note que ce n’est pas à Tom Harding, Richard Labrie et Jean Demaître d’assumer en boucs émissaires

Lac-Mégantic veut passer à autre chose

La mairesse de Lac-Mégantic, Julie Morin, a lancé un cri du cœur aux premiers ministres Justin Trudeau et Philippe Couillard, peu après le verdict tombé vendredi, afin que la voie de contournement soit réalisée à Lac-Mégantic. De son côté, la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire de Lac-Mégantic s’est dite satisfaite du verdict de non-culpabilité. Aux yeux de la coalition, la cause première de la tragédie relève plutôt d’un « manque flagrant de vigilance systémique » émanant notamment des secteurs pétroliers, ferroviaires et gouvernementaux.

« Je suis surtout soulagée qu’enfin le verdict soit sorti et que ce soit terminé. Depuis quelques semaines, on parle de Lac-Mégantic, on voit les images à la télé qui rappelle la dure nuit du 6 juillet, il est temps qu’on parle d’autres choses. En même temps, c’est un mal nécessaire. Pour plusieurs citoyens, le procès leur a permis d’avoir des réponses... Maintenant, il faut aussi regarder en avant », commente Mme Morin.

« Aujourd’hui, ce verdict-là de non-culpabilité nous rappelle comment chaque jour on doit se battre pour la voie de contournement. Si je peux bénéficier de cette tribune qui m’est donnée, j’ai envie de lancer un cri du cœur : on a besoin d’avoir des engagements fermes au niveau du financement de la voie de contournement. »

« On est à quelques mois du cinquième anniversaire et, aujourd’hui, ce qu’on apprend avec ce verdict-là, c’est qu’il y a plusieurs choses, mais entre autres des erreurs humaines. À l’heure où on se parle, il y a peut-être un train qui est en train de passer dans le centre-ville de Lac-Mégantic. Si on veut vraiment fermer le livre et regarder en avant, pouvoir reconstruire, on a besoin que cette voie de contournement arrive. »

« Ce que je demande, c’est que le plus rapidement possible les gouvernements puissent analyser tout ça et pouvoir donner une réponse claire. On sent bien une volonté politique, ils se sont impliqués dans les coûts (...) par contre au niveau de la concrétisation, on est loin d’avoir un message clair. »

« Manque flagrant de vigilance »

Dans un communiqué, le porte-parole de la coalition Robert Bellefleur note que ce n’est pas à Tom Harding, Richard Labrie et Jean Demaître d’assumer en boucs émissaires « les conséquences judiciaires de décisions douteuses prises en plus hauts lieux ». Plusieurs questions demeurent toujours sans réponse, renchérit la coalition.

Mme Morin partageait l’avis de la coalition en ce qui a trait « au manque flagrant de vigilance systémique ».

« On a le rapport du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) qui nous dit que 18 facteurs ont contribué à faire en sorte que cet accident-là arrive... Pour nous, il y a à venir le procès de la MMA (NDLR : en avril), c’est un citoyen corporatif qui n’a pas fait son boulot et qui doit se retrouver au banc des accusés aussi. »

« Le Québec a donné beaucoup d’attention au procès qui cherchait des coupables, et nous, ce qu’on souhaite, c’est qu’on ait un Québec qui se mobilise pour trouver des solutions, et ça, ça passe par la voie de contournement. Mon souhait, c’est que les Québécois, les Estriens viennent à Lac-Mégantic et contribuent à notre relance. »

L’ancienne mairesse de Lac-Mégantic, Colette Roy Laroche, en poste au moment de la tragédie, a fait savoir à la Ville de Lac-Mégantic qu’elle ne commenterait pas le procès.