Environ 150 personnes ont assisté à la première séance du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement lundi soir à Lac-Mégantic. L'exercice se poursuit mardi.

Lac-Mégantic: un déploiement impressionnant à la séance du BAPE

Environ 150 personnes ont assisté, lundi soir, à la première séance du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) à Lac-Mégantic à propos du réaménagement de la voie ferrée traversant le centre-ville.
Le président des audiences, Joseph Zayeb, s'est amené à Lac-Mégantic avec un déploiement impressionnant d'équipements techniques et accompagné d'une bonne équipe d'experts, de secrétaires et de personnes-ressources d'au moins trois ministères, qu'il a consultées pour éclaircir des informations ou des notions tout au cours de la soirée.
Rappelons qu'il s'agit d'un BAPE générique sur l'acceptabilité sociale des cinq options qui font l'objet d'une étude de faisabilité depuis 2015, soit le statu quo, le statu quo amélioré et trois corridors de contournement, dont le premier était privilégié par la Ville de Lac-Mégantic jusqu'à récemment. Il n'a pas été question, lundi soir, d'un quatrième tracé dont discutent Lac-Mégantic et les municipalités de Frontenac et de Nantes et qui serait susceptible de satisfaire plus de citoyens.
Le mandat de ce BAPE générique implique que l'organisme gouvernemental devra déposer son rapport d'ici deux mois. C'est à la demande expresse du ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, David Heurtel, que le BAPE procède ainsi.
La première partie de la soirée a plutôt été utilitaire, avec le message de bienvenue du président Zayeb, qui a ensuite indiqué le fonctionnement et les objectifs de son organisme. Puis la Ville de Lac-Mégantic, qui agit comme initiateur pour ces audiences, représentée par Jean Hardy, chargé de projet chez Stantec, a présenté en détail les cinq options de l'étude de faisabilité réalisée par la firme AECOM, financée par les gouvernements fédéral et provincial à 50 pour cent chacun, au montant total d'un million $.
Durant la pause qui a suivi, le registre des gens qui voulaient prendre la parole a été ouvert, sur lequel 10 personnes se sont inscrites. La deuxième partie de la soirée leur était complètement consacrée.
Signalons l'intervention, entre autres, de Bernard Boulet, le premier à s'exprimer, un homme d'affaires qui a surtout parlé de la difficulté de creuser des sous-sols sous les nouveaux édifices du centre-ville, où le sol sablonneux est gorgé d'eau, et qui a imputé aux gouvernements la responsabilité de faire passer le train ailleurs qu'au centre-ville, à cause des inconvénients liés aux pentes accentuées et aux courbes prononcées dangereuses qui s'y trouvent.
Puis Émery Bélanger, un producteur forestier, s'est déclaré en faveur du statu quo ou du statu quo amélioré, pour que la voie ferrée demeure où elle se trouve actuellement. Il a ensuite annoncé qu'il entend déposer une pétition de 350 noms de gens qui appuient sa position.
Jean Paradis, quant à lui, a livré un témoignage plus émotif en tant que survivant de la tragédie du 6 juillet 2013. 
« J'étais présent au Musi-Café ce soir-là, je suis passé à 70 pieds de la mort. Nous sommes encore affectés par un choc post-traumatique, nous devons penser à l'humain pour les générations futures, il faut que le BAPE ait une vision d'avenir pour la suite des choses. Je demande aussi que les gens qui vont être expropriés le soient selon la valeur réelle de leurs terres. »
Le maire de Lac-Mégantic, Jean-Guy Cloutier, le porte-parole de la Coalition des citoyens et des organismes engagés pour la sécurité ferroviaire à Lac-Mégantic, Robert Bellefleur, et le réputé Daniel Green, de la Société pour vaincre la pollution, ont également présenté leurs opinions. 
Propriétaire de développements résidentiels et ayant lui-même perdu un fils et deux brus dans la tragédie, Raymond Lafontaine a demandé que la voie ferrée demeure où elle se trouve, car les tracés proposés pour contourner le centre-ville passeraient trop près de la maison de ses enfants, dans un quartier habité.