Selon le député de Mégantic Ghislain Bolduc, les gouvernements fédéral et provincial ne se renvoient pas la balle à propos de la voie de contournement

Lac-Mégantic: des délais nécessaires pour la voie de contournement

Le député de Mégantic Ghislain Bolduc sait que la population de Lac-Mégantic trouve le temps long et qu’elle a hâte d’avoir sa voie de contournement. Il assure qu’il y travaille sans relâche, et que les délais actuels sont nécessaires au bénéfice de la population à long terme, autant en ce qui a trait aux coûts engendrés qu’aux solutions envisagées.

« On pense beaucoup à ceux qui vivent près de la voie ferrée en ce moment, mais il faut aussi penser à ceux qui vont vivre près de la nouvelle voie ferrée. C’est une question de justice sociale », donne-t-il en exemple. « Avec les divers paliers de gouvernement, il y a aussi plusieurs points de responsabilité différents à considérer dans ce processus-là », ajoute-t-il.

Selon M. Bolduc, les gouvernements fédéral et provincial ne se renvoient pas la balle à propos de la voie de contournement; ils sont en discussion. « On n’attend pas l’un après l’autre. Les étapes se font progressivement, on travaille à établir des paramètres satisfaisants pour permettre la réalisation de cette voie-là », explique le député, qui espère que les discussions aboutiront bientôt à une entente finale, qui permettra l’élaboration d’un échéancier.

Un verdict clair

S’il a trouvé dommage que le rapport du Bureau de la sécurité des transports n’ait pas pu être utilisé dans le cadre du procès pour négligence criminelle de Tom Harding, Richard Labrie et Jean Demaître, Ghislain Bolduc a toutefois trouvé le verdict de non-culpabilité satisfaisant.

« Je crois que le jugement démontre clairement que [les accusés] sont des gens de bonne foi, qui ont fait leur travail au meilleur de leurs connaissances. Ce ne sont pas des gens qui ont créé de la négligence, des actions que je qualifierais de criminelles. Il y avait là un manque de formation, de procédures qui auraient dû démontrer clairement que dans une situation comme celle de Nantes, il y aurait dû avoir des précautions autres que celles qui ont été prises », a-t-il affirmé.

« Tant qu’à moi, j’ai travaillé toute ma vie dans le privé, et il revient à l’employeur de former adéquatement ses employés pour toutes les circonstances auxquelles ils font face », dit celui qui espère que le verdict va aider la population de la région à regarder vers l’avant.

En plus de la voie de contournement, Ghislain Bolduc travaille aussi à la relance économique Lac-Mégantic. Le fonds d’investissement mis sur pied en 2013 analyse encore de nouveaux projets proposés par des entreprises; de nouvelles initiatives pourraient donc voir le jour en 2018.

Le député a par ailleurs pu donner un estimé de l’ordre de grandeur du processus financier de relance de Lac-Mégantic : Québec aurait déboursé environ 230 M$, et reçu 100 M$ en compensation de la part des assureurs.

Ghislain Bolduc n’a pas encore décidé s’il se représentera aux élections qui se tiendront en octobre.

« Les employés ne sont pas des criminels »

« Je suis soulagé par le verdict parce que, dès le lendemain de la tragédie, la plupart des gens de Lac-Mégantic ont compris que les employés de la compagnie n’étaient pas des criminels. Les vrais criminels sont ailleurs, ce sont les propriétaires de la compagnie », lance d’entrée de jeu Maurice Bernier, l’ex-préfet de la MRC du Granit.

« Je crois qu’à l’heure actuelle, tous les résidents de Lac-Mégantic et même de partout au Québec sont soulagés que les trois accusés aient été reconnus non coupables », ajoute-t-il.

Maintenant que la page est tournée sur ce chapitre de la tragédie de Lac-Mégantic, Maurice Bernier souhaite que d’autres chapitres s’écrivent au cours de la prochaine année.

« D’abord, j’espère qu’on va poursuivre les vrais criminels, c’est-à-dire la compagnie et ses propriétaires, et que les vrais criminels seront reconnus coupables », lance-t-il.

Ensuite, il espère qu’on va aussi se pencher sur les autres acteurs qui ont écrit les prémices qui ont ouvert la porte à ce drame, c’est-à-dire tous les dirigeants politiques.

« Les dirigeants politiques ont pris des décisions qui ont mené à ce drame, par exemple en laissant en place des réglementations très faibles », clame-t-il.

« Dans la prochaine année, il faut faire en sorte qu’on ait des outils de transport qui soient sécuritaires », conclut l’ex-préfet de la MRC.