Sébastien Giguère, coordonnateur scientifique de l'Astrolab, est tombé sous le charme de Woburn, où il est installé avec sa famille.

La vie dans un décor de carte postale

Ils se sont établis en milieu rural pour profiter de la nature, de la beauté du décor et pour la qualité de vie. D'autres se sont éloignés pour se réinventer dans un tournant de leur parcours. La Tribune est allée à la rencontre de ces gens qui ont choisi de s'établir dans ces petites communautés, de 700, 500... ou 97 habitants. On vous présente le deuxième d'une série de quatre reportages.
On le croit bien, Sébastien Giguère, lorsqu'il nous dit qu'il a des « cartes postales » dans ses fenêtres, comme en témoigne cette photo qu'il a prise chez lui.
« Il y a des cartes postales dans nos fenêtres. »
C'est par cette image que Sébastien Giguère décrit la qualité de vie qu'il a trouvée, au début des années 2000, à Saint-Augustin-de-Woburn. Une métaphore accompagnée d'une photo expédiée par courriel où l'on aperçoit un arc-en-ciel derrière sa maison.
Le paysage faisait partie de ses critères lorsqu'il s'est lancé à la recherche d'une maison avec sa conjointe.
Pourquoi Woburn en particulier? Le coordonnateur scientifique de l'ASTROlab savait qu'il travaillerait beaucoup, et ne voulait pas nécessairement être collé directement sur son travail.
« Ce qui a été vraiment le facteur décisif, c'est le paysage. On a passé devant la maison, je me souviens du coin de l'oeil d'avoir vu la pancarte à vendre. On est allé visiter et ça a été le coup foudre. Je n'ai jamais pensé avoir un coup de foudre domiciliaire, lance-t-il en riant. Quand on arrive de Mégantic, qu'on s'en vient par ici, on arrive dans la vallée du Woburn, il y a le mont Gosford à l'arrière, c'est un paysage de carte postale. Je suis vraiment un amateur de beaux paysages... »
Au départ, sa conjointe avait quelques craintes de s'installer en campagne. Aujourd'hui toutefois, elle ne retournerait plus en ville, raconte-t-il.
Un « concours de circonstances incroyable » a emmené Sébastien Giguère à Notre-Dame-des-Bois, où il est venu comme animateur pendant l'été. Ses intérêts et son amour de communiquer l'avait d'abord amené à monter des cours, à faire du bénévolat auprès des jeunes en présentant notamment des conférences. Il a ensuite obtenu le poste de coordonnateur à l'ASTROlab.
« Je suis venu passer un été et je ne suis jamais reparti. Le destin a frappé! Je me sens bien privilégié de ça... » Sa blonde, qui était à Québec aussi, est venue aussi dans la région. « Ce qui a commencé comme un trip d'été est devenu notre vie. Il y a eu la maison, les enfants... »
« Esprit de communauté »
Originaire de la Montérégie, il a fait ses études à Sherbrooke et à Québec. Il a fait une maîtrise en philosophie des sciences.
Ses deux enfants fréquentent l'école des Monts-Blancs, au village. L'aînée a maintenant terminé son primaire. « À l'école des Monts-Blancs, il y a un esprit de communauté. C'est très fort. Les jeunes ont grandi ensemble, toutes les années se sont suivies, il y avait des classes à niveau multiple, ils apprennent à s'entraider... Pour ma fille, c'est un gros deuil de quitter l'école. »
Sébastien Giguère le souligne : il n'est pas en réaction contre la ville. Il a lui-même déjà vécu en ville, en banlieue, et en campagne. « J'oserais dire que j'ai connu les trois univers. »
« Que tes enfants grandissent en campagne, je trouvais que c'était quand même un plus. Moi, la nature, ça me ressource vraiment beaucoup. Je pratique le microressourcement (...) Des fois je pense aux gens qui travaillent fort toute l'année pour réussir à avoir deux semaines de vacances, espérer qu'il fasse beau pour venir dans un coin comme ici. Moi, j'ai ça tous les jours. Même si je n'ai pas beaucoup de temps, je peux prendre mon surf à pagaie pour aller pagayer sur le lac... Le mont Mégantic et le mont Gosford sont juste à côté. Je sors sur la galerie, il y a le ciel étoilé... Voir un super beau ciel étoilé juste en sortant tes poubelles, c'est de la qualité de vie un peu aussi. Je caricature un peu, mais c'est pour montrer que c'est la somme des petites choses : les chevreuils dans le champ en arrière, les lucioles, le champ des rainettes... »
Saint-Augustin de Woburn, appelé Woburn
Population : 681
Gentilé : Woburnois, Woburnoise
À voir : le mont Gosford (1193 mètres)