Le ministère de l’Environnement a déployé deux plans d’action en 2014-2015 et 2015-2017 pour nettoyer la rivière Chaudière des 100 000 litres de pétrole déversé accidentellement le 6 juillet 2013 à Lac-Mégantic.

La rivière Chaudière se porte mieux, mais pas les poissons

Un peu plus de quatre ans après la tragédie de Lac-Mégantic, le Comité expert sur la contamination résiduelle de la rivière Chaudière par les hydrocarbures pétroliers dresse un bilan « rassurant » de la santé du cours d’eau et recommande de reprendre dans cinq ans seulement le suivi de la qualité des sédiments et des communautés de poissons.

Dans ce troisième rapport que le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques vient de rendre public, le comité expert signale néanmoins que « l’intégrité biotique des poissons ne s’est pas améliorée et le pourcentage de poissons présentant des anomalies de type DELT (déformations, érosion des nageoires, lésions et tumeurs), très élevé en 2014, demeure aussi élevé en 2016 ».

« Ces taux élevés en 2014 et 2016 sont sans commune mesure avec ceux qu’on observait dans la rivière Chaudière en 1994 », ajoute-t-on.

« Toutefois, continuent les experts, les hydrocarbures ne s’accumulant pas dans la chair des poissons, ceux de la rivière Chaudière et du lac Mégantic peuvent être consommés en suivant les recommandations du Guide de consommation du poisson de pêche sportive en eau douce. »

Le rapport de 16 pages fait état de la situation après deux plans d’action réalisés en 2014-2015 et en 2015-2017 sur la rivière Chaudière, qui avait été le théâtre d’un déversement de pétrole évalué à 100 000 litres par le Ministère à la suite du tragique déraillement ferroviaire du 6 juillet 2013.

« Les résultats obtenus dans la rivière Chaudière montrent que les plans d’action basés sur la science que nous avons mis en œuvre ont porté leurs fruits. Aujourd’hui, la rivière retrouve lentement sa qualité originale pour le plus grand bien de ses riverains », a commenté par communiqué la nouvelle ministre du DDELCC Isabelle Melançon.

Plus en détail, le comité expert note que « la contamination des sédiments de la rivière Chaudière par les hydrocarbures pétroliers a diminué de façon importante de 2013 à 2016. L’étendue de la contamination a également diminué, les dépassements de la VRA (valeur de référence d’effets aigus), qui s’étendaient sur 80 kilomètres en aval de Lac-Mégantic en 2013, étant passés à 5,3 kilomètres en 2016 ».

De même, « la contamination des sédiments du lac Mégantic par les hydrocarbures pétroliers a diminué de façon marquée de 2013 à 2015. Déjà, à l’été 2015, aucun échantillon ne dépassait la VRA ».

Enfin, l’état des communautés benthiques (NDLR: mollusques, crustacés et vers qui habitent le fond des cours d’eau) s’améliore également, peut-on lire dans le rapport. « La qualité observée en 2015 était généralement comparable à celle de deux tributaires de la rivière Chaudière non exposés au déversement. »

Dans cinq ans

« Devant la diminution de la contamination des sédiments et l’amélioration de l’état des communautés benthiques, terminent les auteurs, le Comité expert ne recommande pas la réalisation d’autres travaux de nettoyage ou de restauration du cours d’eau. Toutefois, il recommande la reprise du suivi de la qualité des sédiments, des communautés benthiques et des communautés de poissons en 2022, c’est-à-dire après cinq années supplémentaires d’atténuation naturelle de la contamination et de rétablissement de l’écosystème.

« Ce délai de cinq ans devrait permettre aux sédiments d’être davantage nettoyés par l’atténuation naturelle, aux organismes benthiques de recoloniser le milieu et aux cohortes de poissons actuellement présentes dans la rivière d’être, pour la plupart, remplacées par de plus jeunes, moins exposées à la contamination résultant de l’accident de juillet 2013. »