Une piste cyclable de 98 km reliant Sherbrooke à Saint-Joseph-de-Coleraine est à l'étude dans la région.

La piste cyclable de 98 km serait un sérieux «plus» touristique

Le projet de piste cyclable de 98 km reliant Saint-Joseph-de-Coleraine à Sherbrooke serait « un plus » dans l'offre touristique estrienne.
Déjà reconnue pour être l'une des régions préférées des Québécois pour le vélo, l'Estrie pourrait attirer encore plus de cyclotouristes avec la réalisation d'un tel sentier multifonctionnel.
C'est avec cette réaction qu'on a accueilli la nouvelle publiée par La Tribune mardi matin voulant que la MRC du Haut-Saint-François souhaite aller de l'avant avec ce projet malgré un coût estimé de 20 à 35 millions $.
« Pour nous, Tourisme Canton-de-l'Est, le vélo est un produit d'appel en été comme l'est le ski en hiver », résume Danie Béliveau, responsable des relations avec les médias de l'organisme.
« En 2016, la région a été désignée comme la préférée des Québécois pour le vélo. Nous avons développé le vélo gourmand. Ce projet pourrait l'accentuer encore plus avec une piste cyclable qui va d'un village à l'autre. »
Selon les premières données d'une étude de faisabilité transmise aux élus des municipalités concernées, le projet pourrait commander des investissements de 20 à 35 millions $. Rappelons qu'il est envisagé que les dépenses soient divisées entre les municipalités se trouvant entre Sherbrooke et Saint-Joseph-de-Coleraine et qui longent la route 112. La MRC souhaite aussi obtenir l'aide des gouvernements pour payer une partie des dépenses.
Décortiquer les coûts
Mme Béliveau ne veut pas se prononcer sur les coûts du projet, mais elle mentionne qu'une piste cyclable de ce type pourrait attirer plusieurs adeptes du vélo. « C'est un projet sur une ancienne voie ferrée, donc on ne parle pas de pentes abruptes », dit-elle.
« Comme elle longerait la route 112, notre service de taxi vélo pourrait être très utile. Il permet de transporter des gens et leurs vélos pour les ramener à destination s'ils sont trop fatigués ou s'il pleut par exemple. C'est disponible partout sur le territoire. »
Le coût de l'éventuelle piste cyclable dans le Haut-François peut paraître prohibitif, mais il faut le décortiquer et l'étaler dans le temps avant de rejeter le projet. Selon le préfet de la MRC du Haut-Saint-Francois, Robert Roy, on ne réalisera pas le projet d'un coup sur les 98 kilomètres.
M. Roy dit avoir reçu plusieurs réactions à la suite de la parution de la nouvelle dans La Tribune voulant que la piste multifonctionnelle commande des investissements de 20 à 35 millions $.
« Bienvenue dans le monde municipal! lance-t-il. On dirait que tout coûte deux fois plus cher qu'ailleurs. »
« Comment se fait-il que le coût d'un chemin asphalté avec des services coûte 3000 $ le mètre et qu'une piste cyclable en coûte 3500 $ le mètre? Elle serait sur une ancienne voie ferrée. C'est juste des vélos après tout. Ça ne pèse pas lourd. »
Selon lui, il y a moyen de partager les coûts entre les municipalités riveraines, le gouvernement et aussi le club de motoneigistes d'East Angus. La future piste cyclable ne sera pas asphaltée, précise-t-il.
M. Roy dit avoir étudié diverses pistes cyclables au Québec, notamment celle qui relie Sherbrooke à North Hatley qui a été recouverte d'un fin sable compactable donnant de bons résultats en ce qui concerne la douceur de roulement.
« L'étude nous permet d'avoir une idée des coûts. C'est un résumé. On sait maintenant plus où on s'en va », affirme le préfet, qui défend le dossier.
« Nous pouvons maintenant travailler sur quelque chose de solide pour avancer. »
Joint à ce sujet, le député de Mégantic Ghislain Bolduc promet de suivre le dossier attentivement. Mais les premiers pas doivent être faits par les municipalités impliquées. « C'est un constat préliminaire », précise-t-il en parlant de l'étude qui chiffre le projet à plus de 20 millions $.
« Il y a de l'intérêt pour les municipalités. Reste à savoir ce qu'elles veulent faire avec. Je vais être impliqué et je vais aider dans la mesure du possible. »
Concernant un soutien financier possible du gouvernement, M Bolduc ne pouvait s'avancer étant donné que l'étude des crédits budgétaires n'est pas encore complétée à Québec.
Pour sa part, la Ville de Sherbrooke attend de recevoir tous les détails de l'étude de faisabilité avant de se prononcer. « Nous allons demander l'étude et l'examiner », se contente de dire Vincent Boutin, conseiller municipal.
« À première vue, ça semble assez dispendieux, mais il faut décortiquer l'étude pour vraiment en avoir une bonne idée. »
Du côté des auteurs de l'étude, la firme WSP, on ne souhaite pas commenter, comme le mandat reçu n'a pas été complété.
« Le Petit train du nord en Estrie »
« C'est projet mobilisateur pour tout le monde. Cette piste cyclable pourrait devenir le Petit train du nord en Estrie. »
Un projet de piste cyclable de près de 100 km, comme celui proposé pour relier Sherbrooke et Saint-Joseph-de-Coleraine, plait énormément à Disraeli. La municipalité a d'ailleurs entrepris des démarches pour retirer des rails inutilisés dans un de ses parcs.
« Nous avons fait une demande au ministère des Transports du Québec, confirme le maire Jacques Lessard à La Tribune. Ça pourra devenir une piste cyclable, de randonnée ou de motoneige. Ça dépendra de ce que les gens de Disraeli voudront. »
« La vieille voie ferrée n'est pas entretenue et elle passe dans le parc de la gare. L'herbe pousse. Nous voulons les retirer. »
Le tronçon ainsi libéré pourrait être relié à celui de 98 km projeté pour traverser tout le Haut-Saint-François vers la MRC des Appalaches, ajoute M. Lessard.
« C'est un projet merveilleux », clame M. Lessard, en le comparant à la piste cyclable des Laurentides d'une longueur de 232 km qui emprunte une ancienne voie ferrée, entre Bois-des-Filion et Mont-Laurier.
« Cette piste cyclable longerait l'eau sur une bonne distance et présenterait de super beaux paysages. Tout le monde en serait gagnant. »