La MRC de Coaticook demande à Québec de réviser sa position

SHERBROOKE — La MRC de Coaticook demande à Québec de revoir la révision de la norme qui interdit les sacs compostables pour les nouvelles plates-formes.

Le nouveau certificat d’autorisation émis après des travaux d’agrandissement et d’amélioration empêche maintenant la Régie intermunicipale de gestion des déchets de la région de Coaticook l’utilisation des sacs compostables pour les matières résiduelles.

La MRC de Coaticook a récemment fait parvenir une résolution au ministère de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques (MELCC) afin qu’il reconsidère les restrictions concernant l’utilisation des sacs compostables.

La résolution sera acheminée aux différents députés, à Recyc-Québec, à la Fédération québécoise des municipalités, à l’Union des municipalités du Québec ainsi qu’à l’ensemble des municipalités du Québec.

La recycologue à la MRC de Coaticook Monique Clément explique que l’utilisation des sacs compostables est essentielle pour favoriser la participation citoyenne au compostage.

« C’est un outil essentiel particulièrement dans le domaine industriel. Pour le compostage résidentiel, c’est facilitant. Il est difficile de faire changer les habitudes, alors le bannissement des sacs de compostage n’aidera pas la situation. Plus il est facile de composter, plus les gens y adhèrent », croit Mme Clément.

De passage récemment au Québec dans le cadre d’un colloque sur le compostage, le président de l’association française des bioplastiques Christophe Doukhi-de Boissoudy croit que le Québec ferait fausse route d’interdire les sacs compostables.

« Les sacs compostables sont aussi très intéressants pour trier les déchets organiques », estime M. Doukhi-de Boissoudy.

Bioplastiques

Il rappelle que le Québec possède déjà une expertise en matière de bioplastiques.

« Sherbrooke est considéré comme le berceau des bioplastiques à travers le monde. Des bioplastiques qui restent compostables », signale Christophe Doukhi-de Boissoudy.

L’environnementaliste sherbrookois Pierre Morency a justement travaillé à mettre en place cette alternative au plastique par des bioplastiques qui sont compostables.

« Le développement des bioplastiques s’est fait dans une perspective de faciliter le compostage dans les institutions et la restauration rapide. Nous avons développé avec l’Université de Sherbrooke des ustensiles et de la vaisselle compostables. Tout a été normé, mais un problème s’est présenté, celui des plastiques fragmentables. Cette matière présentée comme oxobiodégradable n’est pas normée et amène une confusion chez les consommateurs », explique M. Morency.

Tout comme Pierre Morency, Christophe Doukhi-de Boissoudy croit que le Québec aurait tout intérêt à bannir les plastiques fragmentables connu sous l’appellation des plastiques « oxobiodégradables ».

« En Europe plusieurs pays, dont la France, ont banni les plastiques fragmentables. C’est pire que le plastique normal qui est recyclable. Le plastique fragmentable se désintègre, mais reste présent dans l’environnement », indique Christophe Doukhi-de Boissoudy.

Pour l’adjoint au vice-rectorat à l’administration et au développement durable à l’Université de Sherbrooke, Patrice Cordeau, c’est justement cette lutte au bannissement des plastiques oxobiodégradables que Québec devrait entreprendre au lieu d’interdite l’utilisation des sacs compostables.

« Un oxo demeurera toujours un plastique qui va se fragmenter dans l’environnement. Il créera davantage de problèmes. C’est ça le véritable fléau. Les sacs compostables approuvés par le BNQ se désintègrent sans problème dans les sites de compostage », assure Patrice Cordeau de l’Université de Sherbrooke.