La MRC de Coaticook adopte la déclaration d’urgence climatique

SHERBROOKE – Suite à une demande formulée lors de la dernière séance ordinaire du conseil, la MRC a décidé de se joindre aux centaines de citoyens québécois et municipalités signataires en appuyant la déclaration universelle d’urgence climatique, démontrant son intérêt à poursuivre ses actions pour prendre en compte les changements climatiques et tenter de les freiner.

Cette déclaration s’inscrit dans la foulée de la publication d’un rapport réalisé en octobre dernier par un groupe d’experts intergouvernementaux concernant l’évolution du climat et les conséquences potentielles d’une telle évolution. Rappelons que ce rapport mentionne notamment que le climat s’est réchauffé d’environ 1 degré Celcius depuis l’ère industrielle et que si la tendance actuelle se maintient, ce réchauffement pourrait atteindre 1,5 degré d’ici 2052.

« Ç’a parti à la suite d’une demande adressée par une citoyenne au dernier conseil de MRC », explique d’emblée Marie-Claude Bernard, aménagiste à la MRC. « Comme on a entamé plusieurs démarches en lien avec les changements climatiques par le passé, ça allait de soi qu’on allait adopter la déclaration et s’efforcer de réduire notre impact sur l’environnement. »

En ce sens, la MRC met en place depuis plusieurs années des actions visant à s’adapter aux changements climatiques et à réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Parmi celles-ci, notons le déploiement d’un réseau de bornes électriques sur l’ensemble du territoire et la mise en place d’un circuit urbain de transport en commun à Coaticook.

« On fait également partie d’une des huit communautés avant-gardistes au Québec ayant adhéré au projet Rés-Alliance, une communauté de pratique en adaptation aux changements climatiques coordonnée par le Regroupement des organismes de bassins versants du Québec », poursuit-elle pour démontrer l’engagement de la MRC face aux défis liés au climat.

La MRC a également participé à l’organisation de la soirée sur l’impact des changements climatiques sur l’eau dans la MRC qui s’est tenu le 16 octobre, en plus d’avoir amorcé la réalisation d’un plan d’adaptation aux inondations de la vallée de la Coaticook, démontrant sa volonté de combattre de diverses manières les changements climatiques.

« Quand on parle de changements climatiques, il y a la réduction des gaz à effet de serre et l’adaptation aux changements climatiques », précise Mme Bernard. « On agit sur les deux fronts pour tenter de limiter notre impact sur l’environnement le plus possible, soit en émettant moins de gaz à effet de serre et en adaptant nos comportements aux changements. Le projet d’espace de liberté de la rivière Coaticook s’inscrit également dans le cadre d’une approche d’adaptation et vise à étudier et protéger les corridors fluviaux dans un contexte de changement climatique. »

Des petits gestes

La spécialiste des dossiers environnementaux croit que le changement passe d’abord par le secteur municipal, les habitudes quotidiennes des citoyens jouant un rôle considérable dans la lutte mondiale.

« Il y a plusieurs gestes qu’on peut faire au quotidien pour améliorer la situation, nos choix en tant que citoyens influencent ce qui peut se passer au niveau planétaire », assure-t-elle. « Le transport est un des aspects qui est à travailler, car il représente une grande partie de la production des gaz à effet de serre. On peut aussi limiter sa consommation personnelle de biens qui entrent à la maison. »

Elle soutient cependant que les gouvernements provinciaux et fédéraux ont un important rôle à jouer, eux qui détiennent des pouvoirs législatifs qui s’appliquent aux masses, en plus de signer des accords avec les autres pays.

« On parle ici d’enjeux à l’échelle mondiale, donc tout le monde à un rôle à jouer pour redresser la situation. On a besoin de l’aide des paliers de gouvernement supérieurs, eux qui ont le pouvoir de signer des ententes internationales qui ont du poids. Ils ont un gros rôle à jouer et on a besoin de leur engagement si on veut espérer emporter ce combat », estime Mme Bernard, exprimant que l’adoption de la déclaration universelle d’urgence climatique par la MRC de Coaticook est un grand pas dans la bonne direction.