La mortalité des abeilles plus élevée que la normale

La mortalité hivernale des abeilles est plus élevée que la normale en Estrie. La production du miel a démarré difficilement avec le temps très pluvieux du printemps, selon la Financière agricole du Québec dans son bilan de mi-saison.
Les abeilles ont généralement bien survécu à l'hiver, sauf dans les régions du Centre-du-Québec, de la Montérégie et du Saguenay-Lac-Saint-Jean, où certains pourcentages de perte élevés ont été signalés, ajoute la financière dans son bilan de mi-saison.
Selon Alain Perras, directeur régional du Centre de services de Sherbrooke, les pertes peuvent s'approcher des 100 pour cent dans certains ruchers de la région. «Au printemps, la mortalité des abeilles peut s'élever à 15 à 20 pour cent. Mais cette année, c'est beaucoup plus. Ça peut aller de 40 à près de 100 pour cent», souligne-t-il.
«C'est un printemps difficile. Le phénomène a un certain impact, car les abeilles sont de grands  pollinisateurs.»
Une «conjonction de facteurs» est en cause, ajoute M. Perras. Le printemps pluvieux n'a pas incité les abeilles à sortir pour se dégourdir après l'hiver. Plusieurs sont mortes d'épuisement, dit-il à La Tribune.
De plus, la mince couche de neige de l'hiver n'a pas protégé les essaims du froid comme à l'habitude. Enfin, un parasite sévit de façon plus importante cette année dans les ruchers.
Dans les champs
Ces conditions printanières ont d'ailleurs retardé de plus de dix jours le début des travaux d'ensemencement dans les champs. Cependant, la température chaude et ensoleillée de la fin du mois de mai et du début de juin a permis de finaliser les semis, en plus d'être très bénéfique à la croissance et au développement des plantes.
Dans la région de l'Estrie, la plupart des plantes pérennes ont bien survécu à l'hiver, mais quelques champs de blé d'automne ont souffert de la faible couverture de neige. La récolte de sirop d'érable s'est échelonnée sur deux mois; les rendements sont excellents et la qualité du sirop est bonne.
Les précipitations fréquentes du début de l'été rendent le contrôle des mauvaises herbes difficile et retardent la récolte du fourrage tout en affectant sa qualité. Le développement des autres cultures se déroule normalement.
Dans l'ensemble, le début de la saison a été difficile et, même si les conditions climatiques se sont améliorées, on constate encore un retard dans le développement des grandes cultures. Les rendements s'annoncent autour des moyennes pour la plupart des cultures, mais plus faibles pour le miel et le foin.
« Ce bilan de mi-saison dresse un portrait de l'état des cultures de nos régions. Pour les producteurs agricoles, le Programme d'assurance récolte est un outil avantageux de gestion des risques, qui permet de sécuriser les revenus issus des récoltes lors de conditions climatiques difficiles ou de phénomènes naturels incontrôlables », mentionne Alain Perras.
Retard
Le temps doux pendant une bonne partie de l'hiver et le printemps frais et pluvieux ont eu un effet sur les cultures agricoles dans plusieurs régions du Québec.
La Financière agricole du Québec rapporte mercredi dans son bilan de mi-saison daté du 4 juillet que la survie à l'hiver des prairies, des fraisières, des bleuetières et des vergers a été bonne dans toutes les régions et que la récolte de sirop d'érable a été excellente.
Néanmoins, la plupart des régions déclarent avoir un retard de quelques jours à plus d'une semaine sur l'avancement habituel de leur première fauche.
Les dates de semis ont été prorogées pour plusieurs cultures dans la plupart des régions et la pluie a retardé les récoltes de foin.
Les rendements devraient quand même être autour des moyennes pour les céréales, le maïs, les protéagineuses, les bleuets, les cultures maraîchères, les légumes de transformation, les pommes et les pommes de terre. Les rendements des fraises devraient toutefois être supérieurs à la moyenne.
La Financière agricole signale que le nombre d'avis de dommages à l'assurance récolte a totalisé en date du 4 juillet 1114, comparativement à 989 à la même période en 2016, 1598 en moyenne pour les cinq dernières années et 1723 en moyenne pour les dix dernières années.
- Avec La Presse Canadienne