La maladie de Lyme gagne encore du terrain au Québec et l’Estrie demeure en tête du nombre de cas répertoriés, particulièrement dans les RLS de la Pommeraie et de la Haute-Yamaska.
La maladie de Lyme gagne encore du terrain au Québec et l’Estrie demeure en tête du nombre de cas répertoriés, particulièrement dans les RLS de la Pommeraie et de la Haute-Yamaska.

La maladie de Lyme particulièrement présente dans deux sous-régions de l’Estrie

La maladie de Lyme gagne encore du terrain au Québec et l’Estrie demeure en tête du nombre de cas répertorié, particulièrement dans les réseaux locaux de la santé (RLS) de la Pommeraie et de la Haute-Yamaska.

L'été débute à peine, mais déjà les trois quart des 21 cas de maladie de Lyme recensés cette année se trouvent encore en territoire estrien.

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En 2019, un total de 501 cas de maladie de Lyme a été enregistré dans la province, comparativement à 305 déclaré en 2018, une augmentation de 196 (64 %).


« L’Estrie est de loin la région la plus touchée par la maladie de Lyme que ce soit en nombre de cas ou pour le taux d’incidence (nombre de cas par 100 000 habitants). »
Marie-Ève Nadeau, conseillère en communication du CIUSSS de l’Estrie - CHUS

En Estrie, on a recensé 203 cas l’an dernier comparativement aux 91 cas enregistrés en 2018, une augmentation de 112 cas (123 %). «L’Estrie est de loin la région la plus touchée par la maladie de Lyme, que ce soit en nombre de cas ou pour le taux d’incidence», indique la conseillère en communication du CIUSSS de l’Estrie - CHUS, Marie-Ève Nadeau.

Les RLS de la Pommeraie et de La Haute-Yamaska se démarquent depuis trois ans dans la région par leur taux d’incidence élevé, soit 150 cas pour 100 000 habitants dans le RLS de la Pommeraie, et 94 cas pour le RLS de la Haute-Yamaska.

Pas moins de 89 % des cas de l’Estrie ont été recensés dans ces secteurs en 2019, soit 41 % des cas pour la Pommeraie et 48 % des cas pour La Haute-Yamaska.

L’augmentation du nombre de cas au Québec — on dénombrait 125 cas en 2014 — s’explique entre autres par le réchauffement climatique et par conséquent des hivers plus doux.

Tique à pattes noires

La maladie de Lyme se transmet par la piqûre indolore de la tique à pattes noires (Ixodes scapulaires), parfois porteuse de la bactérie Borrelia burgdorferi. Elle a été découverte pour la première fois en 1977, dans la ville de Lyme, dans l’État du Connecticut, chez des enfants victimes d’une éclosion d’arthrite.

Sa stratégie, explique le spécialiste de plein air et animateur Alexis Pageau, consiste à s’installer dans de hautes herbes, les pattes avant ouvertes et prêtes à agripper tout sur son passage en se laissant tomber au passage d’un animal ou d’un humain, «comme un velcro».

On la retrouve donc dans des «corridors de passage» des petits animaux sauvages — des transmetteurs — comme les écureuils, les tamias, les souris, les oiseaux et les chevreuils.

Le territoire desservi par le CIUSSS de l’Estrie – CHUS, qui couvre près de 13000 km2, s’étend de Lac-Mégantic à Ange-Gardien et compte neuf réseaux locaux de service (RLS).

Il faut donc doubler de prudence à proximité d’endroits populaires auprès des animaux comme les mangeoires, les piles de bois, les jardins et platebandes abondantes, les hautes herbes (une pelouse mal taillée), les cabanes dans les arbres et près des bacs à ordures et de recyclage.

La fin du printemps et le début de l’été correspondent à la période de l’année où l’on retrouve le plus de tiques, indique l’expert en plein air.

Prévention

Plusieurs pratiques permettent de limiter les risques de se faire piquer par une tique.

Les tiques vont chercher à entrer en contact avec notre peau, souvent à la hauteur des jambes. En mettant ses pantalons dans ses bas, par exemple, on crée une barrière physique qui nous protège de la tique, explique l’expert en plein air. «Porter des vêtements de couleurs pâles, des manches longues, des hauts amples et de longs pantalons» peut aussi aider à éviter les tiques, suggère-t-il.

Il est aussi recommandé de se prémunir de chasse-moustique contenant du DEET ou de l’icaridine ou d’un produit dédié aux tiques pour crée une barrière chimique qui repoussera l’insecte et de toujours prendre une douche au retour d’activités en plein air pour s’inspecter visuellement, en suivant le guide développé par le gouvernement du Québec.

Il faut donc être sensible aux symptômes, qui peuvent apparaitre de 3 à 30 jours après la piqûre. «Une rougeur atteignant plus de 5 centimètres peut se dessiner dans de 60 à 80 % des cas. La rougeur prend généralement la forme d’une cible, signe caractéristique de la maladie. De la fièvre, de la fatigue, des maux de tête, une raideur à la nuque ou des douleurs musculaires peuvent aussi être ressentis. Parfois, la maladie progresse vers une forme plus grave, susceptible de causer de l’arthrite ou de sérieux problèmes neurologiques ou cardiaques», met en garde le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation.

Alexis Pageau recommande aussi de jeter un coup d’œil à nos animaux de compagnie lorsqu’ils reviennent de l’extérieur.

Intervention, traitement et échantillon

Ce ne sont pas toutes les tiques qui sont porteuses de la bactérie qui cause la maladie de Lyme et le risque de transmission est faible lors des premières 24 heures.

«Si on remarque qu’on a été piqué par une tique, il faut l’enlever de la bonne façon, prévient Alexis Pageau. Il y a des pinces disponibles en pharmacie qui sont faites pour ça, qui écrasent la tête à la base de la peau avant de pouvoir le tirer. On ne veut pas l’écraser avec nos doigts, car on viendrait injecter davantage de salive potentiellement infectée à la Borrelia burgdorferi

En gardant l’insecte et en le remettant à son médecin, la tique sera envoyée au Laboratoire de santé publique du Québec de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) pour analyse.

Alexis Pageau, spécialiste en plein air

Depuis l’année dernière, les pharmaciens estriens ont la capacité de de prescrire des antibiotiques en cas de piqûres de tiques grâce un projet du CIUSS de l’Estrie - CHUS.

Le traitement, la prophylaxie postexposition (PPE), est recommandée pour certains territoires de CLSC situés en Estrie, en Outaouais, en Montérégie et en Mauricie et Centre-du-Québec. La recommandation de PPE se base sur des critères différents de ceux utilisés pour attribuer les niveaux de risque d’acquisition de la maladie de Lyme. On peut prendre connaissance de ces deux informations sur la carte interactive disponible sur le site de L’INSPQ.