La « maison blanche » d’Orford, situé au 2304, chemin du Parc dans le village de Cherry River, demeurera finalement intacte. Elle sera intégrée dans une large réflexion de la municipalité sur la valeur patrimoniale de différents bâtiments.
La « maison blanche » d’Orford, situé au 2304, chemin du Parc dans le village de Cherry River, demeurera finalement intacte. Elle sera intégrée dans une large réflexion de la municipalité sur la valeur patrimoniale de différents bâtiments.

La «maison blanche» d’Orford sera épargnée

Après avoir été critiquée pour son intention de démolir la « maison blanche » afin de construire un pavillon communautaire en bordure du parc de la Rivière-aux-Cerises, la municipalité du canton d’Orford a finalement décidé de modifier son projet afin que le nouveau bâtiment soit entièrement distinct de la vieille maison. Elle entamera parallèlement une réflexion sur l’ensemble des bâtiments à valeur patrimoniale du coeur du village de Cherry River.

À la lumière du rapport détaillé de l’architecte Daniel Quirion, déposé par le Conseil municipal lundi, les élus ont préféré adopter ce changement de cap et conserver la « maison blanche » du 2304, chemin du Parc intacte afin que le chantier pour le pavillon communautaire puisse être amorcé dès l’automne.

« Le rapport donne plusieurs possibilités, on voit vraiment que le patrimoine n’est ni noir ni blanc, avance la mairesse Marie Boivin, qui affirme avoir beaucoup appris sur le patrimoine à travers cet exercice. Nous lui avions demandé de faire le rapport conjointement avec le projet de pavillon communautaire. Il a vu des avantages et des désavantages à la garder ou à la modifier. Ça a pratiquement soulevé encore plus de questions. Nous avons donc décidé de séparer les deux projets, parce que la population attend vraiment le pavillon communautaire. Nous n’avons pas de place en ce moment. »

Le concept qui avait été soumis en novembre dernier puis dénoncé par plusieurs citoyens sera ainsi révisé par une firme d’architectes, qui recevra le mandat de produire les plans et devis requis lors d’une séance spéciale, le 19 mai prochain.

Le dessin initial présentait un bâtiment de 300 mètres carrés, dont une partie serait construite au-dessus d’un petit bâtiment municipal existant déjà en bordure du parc de la Rivière-aux-Cerises. Celui-ci s’étendait également jusqu’à l’emplacement actuel de la « maison blanche ».

Mme Boivin note que l’espace disponible, en excluant celui qu’occupe la vieille résidence, sera suffisant. « Ce sera surtout un défi de créativité, mais les architectes sont bons pour ça. Il faudra être capable d’avoir un bâtiment inspirant et qui va avoir une mixité de contemporain et d’ancien. »

Cinq « maisons blanches »

La construction de la « maison blanche », qui a été acquise par la municipalité il y a plusieurs années, date du 19e siècle.

Si pour la Société d’Histoire du canton d’Orford (SHCO), la maison possède une réelle valeur patrimoniale, le Conseil municipal avance cependant que le statut de cette dernière ne sera défini qu’après une grande réflexion « élargie à tout le cœur villageois sur la question patrimoniale », qui permettra de déterminer ce que la municipalité inclut dans son patrimoine et comment elle le fait.

« Le rapport [de M. Quirion] explique qu’il y a cinq "maisons blanches" dans le village. Elles ne sont pas exceptionnelles selon leur pointage patrimonial, mais c’est l’ensemble des maisons qui donne un caractère patrimonial intéressant dans Cherry River. Le patrimoine, ce n’est pas simple, c’est pourquoi nous avons décidé d’intégrer la maison dans une plus large réflexion. »

La réflexion se fera en collaboration avec différents acteurs, dont la SHCO et les citoyens. « S’il y a bien un dossier qui soit citoyen, c’est celui du patrimoine. Nous ne savons pas encore quand nous aurons les résultats, mais la démarche est tout aussi importante, et elle se fera avec les citoyens, c’est indéniable », déclare Mme Boivin.

Pour le projet de pavillon communautaire, le canton d’Orford prévoyait à l’origine un budget d’au plus 1,7 M$. Mme Boivin assure que ce retour sur la planche à dessin n’engendrera pas de dépassement du budget. « C’est sacré. On espère même que ça coûte moins cher. D’intégrer la maison dans le projet aurait d’ailleurs été plus coûteux », dit-elle.

LA SHCO réagira à la décision du Conseil lors d’une conférence de presse en ligne, vendredi.