Les nombreux cas de grippe mettent les salles d’urgence sous pression.

La grippe donne du fil à retordre aux enfants

L’indice grippal est toujours élevé et à la hausse en Estrie avec 98 nouveaux cas déclarés cette semaine, ce qui porte le total à 270 cette saison. Parmi ces nouveaux cas déclarés, 22 sont des enfants de 0 à 18 ans, 24 sont des adultes de 18 à 59 ans et 55 avaient plus de 60 ans.

Ces nouveaux malades portent à 270 le nombre de cas déclarés depuis le début de la saison. Comme c’est le cas partout en Estrie, le virus de l’influenza A est largement dominant.

« Généralement, l’influenza de type B arrive après la vague d’influenza A. En ce moment, nous avons une épidémie d’influenza A. Il y a très peu de B. Mais nous ne pouvons pas savoir comment va se comporter la saison de l’influenza B », soutient Dr Gaston DeSerres, médecin-épidémiologiste à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). Il rappelle que l’an passé, les épidémies d’influenza A et B ont frappé en simultané, ce qui est plutôt rare.

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Cette année, c’est une grippe de sous-type A (H1N1) qui domine dans les analyses. « Le système immunitaire des personnes âgées est généralement mieux outillé que celui des plus jeunes pour répondre à l’influenza A (H1N1). Donc on devrait moins voir d’éclosions dans des CHSLD par exemple. Par contre, les enfants et les adultes plus jeunes risquent d’être plus malades », soutient le Dr DeSerres.

« Avoir une grippe quand on a dix ans, c’est difficile. L’enfant est amorphe, fiévreux, au lit, on n’aime pas ça. Mais les risques qu’il ait des complications graves et qu’il finisse à l’hôpital sont beaucoup moins élevés que quand c’est une personne de 70 ans qui fait une grippe », ajoute Dr DeSerres.

En Estrie, il y a présentement 90 cas d’influenza qui ont été diagnostiqués chez les jeunes de moins de 18 ans. La grande question est la suivante : quand aura-t-on atteint le pic de la saison? En 2018 à pareille date, il y avait 38 jeunes de moins de 18 ans atteints d’influenza, et le pic de grippe est arrivé dans la semaine du 11 février. En 2017, il y avait 13 cas déclarés au 5 janvier (pic le 12 février). En 2016, il n’y avait aucun cas déclaré à pareille date. En 2015, c’était 52 cas  à la même date (pic le 28 février). En 2014, il y a eu 26 cas jusqu'au 5 janvier (pic 26 janvier). L’année 2013 avait été plus difficile avec 187 cas déclarés à pareille date, mais le pic était arrivé beaucoup plus tôt, le 23 décembre.

Efficacité du vaccin?

C’est à la fin janvier que l’Institut national de santé publique du Québec pourra émettre un avis sur le taux d’efficacité du vaccin antigrippal.

« Le vaccin donne généralement une bonne protection quand ce sont des années où c’est l’influenza A (H1N1) qui est dominante », ajoute l’épidémiologiste Gaston DeSerres.

La direction de la Santé publique de l’Estrie réitère qu’il est souvent possible de se soigner à la maison et de téléphoner à Info-Santé ou de se rendre chez le pharmacien au besoin. On peut consulter le guide pour tout savoir sur la grippe et la gastroentérite : www.santeestrie.qc.ca/saison-de-grippe-et-gastro/.

Cet indice grippal élevé a bien sûr des conséquences sur les salles d’urgence des hôpitaux sherbrookois. En milieu d’après-midi jeudi, il y avait 57 patients hospitalisés à l’urgence de l’Hôtel-Dieu alors qu’il y a 44 civières au permis, et il y avait 47 patients pour 28 civières à l’Hôpital Fleurimont. L’Hôpital de Granby était aussi surchargé avec 34 patients pour 20 civières.