La garderie Cocorico de Compton a fermé ses portes vendredi. Les assureurs ne voulaient plus couvrir les activités de l’établissement.

La garderie Cocorico ferme ses portes

La garderie Cocorico de Compton a mis fin à ses activités vendredi, alors que le gouvernement lui permettait pourtant de rester ouverte jusqu’au 22 juin. Les assureurs ne voulaient plus couvrir la garderie, ce qui a forcé la propriétaire à fermer son établissement prématurément.

C’est avec le cœur lourd que la propriétaire de la garderie, Mylène Blais, a annoncé aux parents que l’établissement allait fermer ses portes dès le 1er juin. Même si elle pouvait encore continuer légalement ses opérations jusqu’au 22 juin, la garderie a reçu une mauvaise nouvelle de la part de ses assureurs, explique Caroline Madore, mère d’une petite fille de quatre ans qui fréquentait la garderie.

« Même si le gouvernement donnait 30 jours à la garderie avant de fermer, Mme Blais a contacté ses assurances pour voir quelle était sa situation, elle qui en payait depuis 13 ans. Ils lui ont répondu qu’ils ne la couvriraient pas si quelque chose venait qu’à se passer à la garderie si elle n’avait pas le permis du gouvernement », résume-t-elle.

Une petite fête a été organisée par les parents à la garderie par solidarité envers la propriétaire, qui leur a rendu de chers services au fil des années. « On organise une petite fête pour finir cette épreuve en beauté. On va se réunir, toutes les familles, autour d’un bon buffet. Ça va nous donner un peu d’énergie pour passer à la prochaine bataille », confie-t-elle.

Volonté de se battre

Ce dernier revers, qui s’ajoute à la décision du ministère de la Famille de déclarer la garderie illégale il y a deux semaines, n’enlève toutefois pas à la volonté de se battre des parents et de la propriétaire. « Même si on doit recommencer à zéro, on n’est pas découragés pour autant », a fait savoir Mme Madore. « On continue nos démarches auprès du gouvernement pour que notre dossier soit traité avec compassion et considération, de manière à ce qu’on ait assez de places dans les garderies de Compton. »

« La règle sur la distribution des permis pour les garderies privées ne fait toujours pas de sens pour nous », poursuit-elle. « On croit que comme n’importe quelle entreprise privée, il ne devrait pas y avoir de nombre fixe de permis émis par année. Il ne devrait pas y avoir de limite si les établissements ont tout ce qu’il faut pour ouvrir. »

Défi logistique

Mme Madore est l’une des chanceuses dont l’enfant a réussi à avoir une place en CPE à Compton. Pour d’autres parents, la situation est beaucoup plus problématique, alors que leurs enfants doivent s’adapter à un nouveau milieu de garde plus loin de la maison.

« La majorité des enfants qui étaient gardés chez Cocorico n’ont pas de place à l’instant où on se parle. Certains parents se sont résolus à les faire garder à Coaticook, à North Hatley ou encore à Sherbrooke », explique-t-elle. « C’est d’autant plus problématique pour les agriculteurs et les producteurs de Compton, qui doivent faire de la route pour ensuite revenir travailler sur leurs terres en ville. Les problèmes de logistique créés sont innombrables », déplore Mme Madore.

Rappelons que le député de Saint-François, Guy Hardy, avait promis aux familles de les épauler au cours de cette épreuve la semaine passée. « On sait qu’il travaille à ce qu’il y ait plus de places de garde en général en milieu rural avec la MRC. Outre cela, il n’y a pas eu d’actions concrètes entreprises pour aider dans notre situation », a fait savoir Mme Madore.

M. Hardy n’était pas disponible pour commenter la situation vendredi.