Cette fin de semaine, Jean-Robert Bisaillon, cofondateur de la Galerie des Nanas, liquidait l'inventaire de l'établissement qui a malheureusement fermé ses portes.

La Galerie des Nanas n'est plus

La pancarte « À vendre » a été installée vendredi, puis on liquidait l'inventaire samedi et dimanche à l'occasion des ventes de garage. C'est officiel, la Galerie des Nanas, lieu culture emblématique de Danville, ferme ses portes. Son cofondateur, Jean-Robert Bisaillon, demeure toutefois serein devant la tournure des événements.

Il faut dire que la mort de Martine Birobent, cofondatrice et conjointe de Jean-Robert, avait grandement bouleversé la galerie d'art brut, dont la mission mettait de l'avant les créatrices féminines. « Au début, tu es au vif. Tu penses que tu es capable de continuer, mais le temps passe et puis ça n'a plus le même sens », explique-t-il.

La galerie avait quand même poursuivi ses expositions pendant deux saisons à la suite du décès de Martine. Puis l'été dernier, Jean-Robert Bisaillon prévoyait transformer la Galerie des Nanas en musée avec une exposition permanente, jumelé à un atelier ouvert pour la clientèle externe.

Mais avec un nouvel emploi et une nouvelle compagne à Montréal, ce n'était plus possible pour l'artiste de s'occuper de l'établissement de Danville. « J'ai essayé de trouver quelqu'un pour prendre la relève et qui continuerait avec la même mission pour la galerie, mais ça n'a pas fonctionné. »

La vente d'une galerie d'art n'est pas une mince affaire. Surtout que celle de Danville regorgeait d'œuvres. Jean-Robert Bisaillon a dû en exporter plusieurs en Europe aux artistes qui les avaient créées et à qui elles appartiennent encore. Pour le reste, une vente de fermeture se tenait cette fin de semaine. Une occasion pour certains de venir saluer Martine, Jean-Robert et la Galerie des Nanas une dernière fois.

On y croisait des gens venus acheter des tableaux de Martine en gage de souvenirs. « Le reste de la collection de Martine, je l'amène avec moi », confie celui qui, bien que la vie continue, s'ennuie de sa compagne et de son amie.

« Ce n'était pas un choix facile de fermer la galerie, mais je suis sûre que Martine aurait été d'accord. Elle ne le verrait pas comme une trahison », confie Jean-Robert Bisaillon qui est en paix avec sa décision.

Village culturel

D'un autre côté, il trouve dommage de fermer ce lieu culturel important de Danville. D'autant plus que L'Atelier Galerie Yvon Bélanger de la rue Water est aussi à vendre depuis avril. « On dirait que dans un petit village quand ça commence à bouillonner, il ne faut pas qu'un petit truc arrive sinon c'est fini, déplore Jean-Robert Bisaillon. C'est important dans les petits milieux d'avoir un lieu qui sert de catalyseur, que ce soit culturel ou autre. »

« On perd un pilier culturel chez nous. La Galerie des Nanas nous a amenés à s'ouvrir l'esprit. Mais au-delà de la galerie, c'est aussi Jean-Robert et Martine qui sont arrivés ici et qui se sont impliqués de manière extraordinaire », laissait entendre la députée de Richmond, Karine Vallières, dont le bureau de comté est voisin de la galerie d'art.

Jean-Robert Bisaillon avait d'ailleurs fait des démarches auprès de la Ville et de la MRC des Sources afin de voir si quelque chose pouvait être envisagé de leur côté pour sauvegarder la galerie, mais malheureusement la réponse n'a pas été positive.

« J'ai tout de même espoir. On est sous une bonne étoile et ça va tomber entre de bonnes mains », espère le cofondateur.