Le MAPAQ avait assisté à l'abattage de moutons en plein air dans le cadre de la fête de l'Aïd al-Adha.

La ferme ovine de L'Avenir récolte des dons

La famille de Michel Cloutier a lancé une campagne de sociofinancement afin d'amasser les sommes qu'elle pourrait devoir payer si elle est reconnue coupable des 20 chefs d'accusation déposés contre elle en matière d'abattage illégal, de mauvaise disposition de résidus non comestibles et de cruauté envers les animaux.
La nièce de M. Cloutier, Sonia, a des objectifs ambitieux pour la campagne. Elle espère amasser les 68 000 $ qui seront requis par le MAPAQ afin de récupérer le troupeau de 84 brebis Dorper saisi le 13 septembre lors de l'arrestation initiale. Cette somme, que les propriétaires de la ferme BSC trouvent faramineuse, comprendrait les frais de vétérinaire et d'hébergement.
Au moment d'écrire ces lignes, la campagne qui a cours sur gofundme.com a permis d'amasser 1660 $ en trois jours. S'ils sont reconnus coupables, la ferme et ses propriétaires devront débourser près de 200 000 $, ce qui signifierait potentiellement la fin des activités de l'entreprise agricole.
Une fête musulmane
Depuis 2009, la ferme L'Aveniroise permet à plus de 600 personnes de confession musulmane de célébrer la fête de l'Aïd al-Adha en égorgeant des moutons et en les offrant en sacrifice à Allah. Au fil des ans, des inspecteurs du ministère de l'Agriculture, des Pêches et de l'Alimentation (MAPAQ) ont assisté à la scène et ont remis aux propriétaires des amendes en lien avec l'exploitation illégale d'un abattoir.
« Chaque année, le jour de notre gagne-pain, le MAPAQ, escorté par la Sûreté du Québec, vient nous déranger par sa présence et intimide tout le monde. Les inspecteurs scrutent les lieux et le rituel des musulmans sur place et nous remettent plus d'une amende, pour plus de 10 000 $ chaque fois », explique Mme Cloutier.
En plus de leur reprocher ces activités d'abattage, on les accuse d'avoir disposé de manière négligente de matières non comestibles. L'entreprise est également accusée de cruauté envers les animaux puisque au moins 4 des 84 bêtes saisies, le 13 septembre, étaient malades. Les bêtes étaient atteintes du piétin et l'une d'entre elles avait aussi une pneumonie.
« Nous sommes une famille de pionniers québécois. De père en fils, nous nous sommes montrés ouverts et accueillants, nous avons eu la chance de perpétuer la tradition et de garder nos terres ancestrales. Nous tentons de nous défendre, mais le MAPAQ est bien plus fort qu'un petit agriculteur », conclut-elle.