Josée Marcotte, Jean Lacharité et Mélissa Gaouette demande qu'on mette un frein au projet d'Optilab. -

La CSN demande un moratoire au projet Optilab

Considérant qu'Optilab représente des dangers bien réels, tant pour la population que pour le personnel du CIUSSS-MCQ, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) a demandé au ministre Gaétan Barrette de mettre le projet en veilleuse, au moins le temps qu'on le redéfinisse et qu'on l'améliore.
« Il y a peut-être des changements à faire dans les laboratoires, admet la vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux, Mélissa Gaouette, mais il faut le travailler ensemble, il faut s'assurer de la viabilité et de la sécurité du projet ».
Le syndicat fait notamment allusion à un système informatique qui n'est pas prêt à accueillir le nouveau projet, ainsi qu'à des problèmes logistiques en lien avec la conservation et le transport de prélèvements. La situation est d'autant plus vraie au Centre-du-Québec où des événements fâcheux sont survenus lors du déménagement de plusieurs départements vers Trois-Rivières.
« Il y a eu une panne informatique d'une semaine lors de l'implantation du réseau régional. Lors de l'automatisation d'un appareil à Trois-Rivières, il y a eu des pertes de spécimens. C'est vers ça qu'on s'en va et à travers la province. C'est vraiment problématique », ajoute-t-elle.
Jean Lacharité, vice-président de la CSN, s'inquiète surtout de la sécurité des prélèvements qui devront parcourir de grandes distances sur les routes du Québec. En période hivernale, les conditions routières sont souvent difficiles, ce qui met en péril ces spécimens souvent d'une importance capitale pour les patients.
« Tout ceci sans compter la perte d'expertise que subiront les régions. On déplace les services vers les grands centres et on contribue à l'éloignement et à l'appauvrissement des régions », déplore-t-il.
La CSN déplore surtout qu'Optilab soit géré par un groupe de médecins spécialistes et que les technologistes médicaux, qui sont pourtant mieux informés de la réalité terrain, n'ont pas été consultés lors de la conception et de la mise en place du projet.
Un appel aux femmes du PLQ
Au Québec, ce sont plusieurs centaines de techniciennes au laboratoire qui se retrouvent dans l'incertitude. Au Centre-du-Québec, on prévoit que 51 postes seront éliminés, comparativement à 18 en Mauricie. Cette situation provoque de la détresse chez plusieurs travailleurs, majoritairement des femmes, qui se demandent ce que l'avenir leur réserve.
« Elles se disent qu'elles verront peut-être leur emploi être déplacé à 100 ou 200 kilomètres. Pas évident quand tu as des enfants à la garderie ou à l'école. C'est un chambardement important qui suscite de l'inquiétude. Ce dont on se rend compte, c'est qu'au bout du compte, il y aura moins d'emplois pour les femmes », regrette Josée Marcotte, vice-présidente de la FSSS-CSN.
Cette dernière a d'un même mouvement lancé un appel aux femmes du Parti libéral du Québec afin que d'un élan de solidarité, elle convainque le ministre de la Santé de mettre un frein à son projet.