Marie-Pierre Lord-Lorrain, Lucie Bélanger, Sébastien Bérard ainsi que Julie Marchessault appartiennent tous au groupe de personnes réclamant la construction d'une école alternative publique à Orford.

La C.S. des Sommets dit non à une nouvelle école à Orford

La Commission scolaire des Sommets (CSS) ne prévoit pas la construction d’une nouvelle école primaire à Orford à court ou moyen terme, en dépit des demandes en ce sens provenant de la municipalité.

Au cours des derniers jours, des dirigeants de la CSS ont rencontré des représentants du Canton d’Orford ainsi que des parents souhaitant la création d’une école alternative sur le territoire d’Orford, où le nombre de familles avec de jeunes enfants augmente rapidement depuis quelques années.

La directrice générale de la CSS, Édith Pelletier, a pour l’essentiel informé les représentants du milieu que les règles ministérielles empêchent la construction d’une nouvelle école à Orford dans le contexte actuel. Elle a cependant précisé que l’élaboration d’un projet éducatif particulier était envisageable, si un établissement scolaire déjà existant désirait faire sienne cette proposition.

Mme Pelletier insiste d’ailleurs pour distinguer les deux dossiers – la nouvelle construction et le projet particulier – considérant que la marge de manœuvre de son organisation n’est pas du tout la même dans les deux cas.

« L’encadrement ministériel ne nous permet pas d’envisager la construction d’une nouvelle école à Orford, explique la directrice générale de la CSS. Les enfants d’Orford ont déjà tous une place dans des établissements scolaires de la région. Et, en plus, on serait capable de répondre à la demande si le nombre d’élèves augmentait. »

Édith Pelletier ajoute dans la foulée que les parents qui interviennent, dans les dossiers semblables, oublient souvent que de nombreux enfants effectuent leur entrée au secondaire tous les ans. « Des jeunes naissent et grandissent, mais d’autres quittent », résume-t-elle.

Afin de s’assurer qu’elle comprenait bien les règles ministérielles, Mme Pelletier a acheminé une lettre au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur du Québec en décembre dernier. « Le Ministère m’a indiqué qu’il ne considérait pas justifié de construire une école à Orford. »

Cela dit, la directrice de la CSS admet qu’elle « ne possède pas de boule de cristal ». Elle entend donc demeurer attentive aux besoins du milieu et laisse entendre qu’elle réagira, advenant que la croissance du nombre d’élèves dans la municipalité s’accélère de façon importante.

Une résolution


Tout récemment, le Canton d’Orford a adopté une résolution par laquelle il réclame la construction d’une école primaire publique sur son territoire. La municipalité avait effectué une demande similaire il y a environ deux ans.

La directrice générale du Canton d’Orford, Danielle Gilbert, note qu’on dénombre environ 270 élèves fréquentant le primaire sur le territoire de cette municipalité. « On a des besoins dans notre milieu et ils sont en croissance. On juge important de le réitérer à la commission scolaire », remarque-t-elle.

Sans mettre en cause le travail de la CSS, Mme Gilbert confie que le Canton d’Orford s’adressera probablement davantage à des intervenants politiques pour obtenir ce qu’il espère. « On aura des démarches à faire auprès du gouvernement. Sans ça, on n’arrivera sans doute pas à ce qu’on veut », reconnaît-elle.

À ce sujet, mentionnons que le député d’Orford Pierre Reid se déclare « interpellé par les besoins exprimés ». Il se dit « prêt à réaliser les suivis nécessaires pour ce projet beau et porteur ».

« On n’abandonne pas notre projet »

Le groupe de parents qui souhaite la création d’une école alternative publique sur le territoire d’Orford juge avoir eu une « bonne rencontre » avec des dirigeants de la Commission scolaire des Sommets (CSS) mardi matin.

« On comprend que le projet d’école alternative fait écho avec sa substance, indique Julie Marchessault, membre du groupe de parents. On a senti que, sur le fond, les gens de la Commission scolaire des Sommets trouvaient ça très intéressant. »

À ce sujet, la directrice générale de la CSS, Édith Pelletier, reconnaît que les objectifs du groupe de parents « correspondent à des pratiques » qui ont cours dans certains établissements scolaires du territoire couvert par son organisation. « Il faut voir comment on pourrait accommoder ces gens-là », lance-t-elle.

Mme Pelletier souligne que toutes les écoles devront bientôt se doter d’un nouveau projet éducatif. Or, ce serait selon elle une belle occasion pour développer une approche compatible à celle proposée. « Peut-être qu’un de nos établissements déjà existants voudra aller dans ce sens-là. Mais pas question d’imposer ça à une école en particulier. Il faudrait que ça vienne du milieu lui-même », explique-t-elle.

Si le groupe de parents ne rejette pas cette proposition du revers de la main, il continue d’espérer la construction d’une nouvelle école alternative à Orford directement. « On n’abandonne pas », assure Julie Marchessault, en ajoutant qu’une rencontre avec le député Pierre Reid sera sans doute planifiée à court terme.

Mme Marchessault ajoute que des démarches seront également effectuées pour dénicher des données plus précises pouvant démontrer la pertinence du projet suggéré, lequel permettrait la création d’une école axée sur la « différenciation pédagogique » de même que le développement de l’autonomie et de la créativité.