Les citoyens du Val-Saint-François ont accès à sept conteneurs à verre sur leur territoire depuis l’été dernier. Freinée par la pandémie, Sherbrooke espère encore aller de l’avant cet été, mais sur des sites temporaires.
Les citoyens du Val-Saint-François ont accès à sept conteneurs à verre sur leur territoire depuis l’été dernier. Freinée par la pandémie, Sherbrooke espère encore aller de l’avant cet été, mais sur des sites temporaires.

La collecte de verre marche fort dans le Val-Saint-François

Pendant que la Ville de Sherbrooke vise toujours à implanter cet été des points de collecte volontaire du verre sur son territoire, la MRC du Val-Saint-François estime avoir fait la preuve que cette option est gagnante.

En huit mois, les sept points de dépôt volontaire qui couvrent toute la MRC ont permis de récolter quelque 183 tonnes de verre. L’objectif initial avait été fixé à 200 tonnes pour la première année.

À la lumière de ces résultats, l’Opération Verre-Vert de Racine, qui milite depuis six ans maintenant pour détourner le verre du bac de récupération, estime qu’elle aura récolté 275 tonnes de verre en 12 mois.

« On doit reconnaître que malgré les doutes souvent exprimés quant à l’enthousiasme des citoyens à participer à cette opération de cueillette sélective du verre par dépôt volontaire, ils se sont montrés emballés et persévérants », écrivent Jean-Claude Thibault et Viateur Blais, de l’OVV de Racine, dans une analyse préliminaire du projet produite à la demande du sous-ministre adjoint au Développement durable et à la qualité de l’environnement du Québec.

Dans ce rapport, on souligne également la qualité « exceptionnelle » du verre rapporté par les citoyens, « selon les industriels qui s’en servent », soit le recycleur 2M Ressources et la fonderie Owens Illinois. 

On note aussi que les sites de dépôt volontaire restent propres et qu’en sortant le verre du bac de récupération pêle-mêle, on augmente la valeur des autres matières recyclables. 

Le regroupement de citoyens affirme que ces données confirment la pertinence des conteneurs à verre, qu’on retrouve désormais dans 54 municipalités au Québec se réjouit-on, et qu’elles plaident en faveur d’un système mixte de récupération du verre par consigne et par conteneurs quand le gouvernement aura élargi la consigne aux bouteilles de verre et de plastique à l’automne 2022.

« Il faut être conscient que les nouvelles consignes annoncées ne prévoient pas récupérer le verre issu des magasins d’alimentation, ce qu’on appelle le verre alimentaire, ajoutent les auteurs du rapport. Or ces pots de ‘‘confiture’’ et autres du genre constituent le verre clair le plus payant, valant parfois jusqu’à 3 fois la valeur du verre coloré. Les conteneurs à verre continueront donc, même après la probable installation de la nouvelle consigne, à recueillir ce verre clair de grande valeur qu’il ne faut plus jamais envoyer à l’enfouissement. »

L’OVV de Racine en profite pour saluer « le choix politique courageux » des 18 maires du Val-Saint-François qui ont décidé d’aller de l’avant l’été dernier, quelques semaines à peine avant le début des travaux de la commission parlementaire sur le recyclage et la valorisation locale du verre au Québec.

L’organisme propose enfin d’optimiser la performance économique et environnementale des dépôts volontaires en ajoutant des conteneurs à carton sur les sites de collecte et en envisageant la mise en place d’un centre de transbordement régional pour maximiser les transports chez 2 M Ressources à Saint-Jean-sur-Richelieu.

À Sherbrooke en juillet?

À Sherbrooke, la présidente du comité de l’environnement, Karine Godbout, a consulté ce bilan préliminaire et parle d’une initiative « inspirante ».

Elle précise que le projet-pilote de la Ville, d’abord annoncé pour le printemps 2020, a été retardé par la pandémie puisqu’on a dû interrompre les discussions avec les partenaires privés chez qui on souhaite installer les conteneurs.

Dans le projet préparé par la Ville, de concert avec le Comité du verre de Sherbrooke et les Amis de la terre de l’Estrie, rappelle-t-elle, il restait à déterminer les 10 sites d’implantation, idéalement dans la cour des SAQ et supermarchés.

En attendant la reprise des discussions, la Ville a ciblé des sites temporaires sur des propriétés municipales et procède ces jours-ci à des tests de bruit et d’accessibilité. 

Si tout s’avère concluant, Sherbrooke pourra installer rapidement des conteneurs sur ces sites temporaires tout en continuant de négocier avec les parties privées pour que le projet initial puisse poursuivre son déploiement à l’automne. 

« Mon plus grand souhait, c’est qu’on soit capable d’annoncer certains endroits minimalement pour le dernier conseil municipal [avant la pause estivale] », dit Mme Godbout.

Dans le Val-Saint-François, les conteneurs où on a récolté 183 tonnes de verre en huit mois sont implantés à Saint-Denis-de-Brompton (81,3 t), Windsor (29,7 t), Richmond (21 t), Valcourt (17,7 t), Racine (15,9 t), Stoke (14,4 t) ainsi qu’à l’écocentre régional (3,6 t).

En 2018, selon les données de Récup Estrie, 5500 tonnes de verre creux avaient été recueillies dans les six MRC desservies, dont 2800 provenaient de Sherbrooke. En supposant que les Sherbrookois détournent 20 % de ce tonnage vers les dépôts volontaires, cela représenterait 560 tonnes la première année.