Dr Dorothée Garant

La clinique Po + fraudée

Subir une fraude, ce n’est pas qu’une histoire d’argent disparu. Il s’agit carrément d’un « viol de l’âme », selon la docteure Dorothée Garant, qui a été flouée pour un montant supérieur à 30 000 $ par Annie-Lyne Belleville, une de ses ex-employées.

Propriétaire de la clinique de médecine esthétique Po + à Magog, Dre Garant croyait avoir embauché une personne de confiance dans les mois qui ont suivi l’entrée en poste de Mme Belleville. Elle lui faisait suffisamment confiance pour l’inviter à manger chez elle ou lui demander d’aller chercher son enfant à l’école. Mais elle avait vraisemblablement mal jaugé la jeune femme.

« Ça allait bien avec cette employée, note la propriétaire de la clinique Po +. Je la côtoyais tous les jours. J’ai l’impression d’avoir vécu une trahison profonde. Plus j’ai découvert des choses sur ce qu’elle avait fait et plus c’est devenu dur. J’en avais de la difficulté à dormir la nuit et j’ai fini par avoir des idées noires. »

Annie-Lyne Belleville n’a pas encore reçu sa sentence. Cependant, elle a déjà plaidé coupable à une accusation de fraude de plus de 30 000 $ envers son ancien employeur, lequel affirme que la fraude commise lui a fait perdre nettement plus d’argent encore. 

Dorothée Garant révèle que cet événement l’a rendue plus méfiante et moins portée à aider les autres. « Il y a de plus en plus de fraudes et j’ai l’impression que cette réalité transformera la société parce que les gens qui se font frauder vivent souvent des conséquences à long terme », explique-t-elle.

D’ailleurs, au travail, elle vérifie davantage ce que son personnel effectue tous les jours. « Ça peut devenir agressant pour mes employés actuels. Je dois leur rappeler que j’ai vécu des choses qui m’ont amenée à contrôler plus ce qui se passe à la clinique. »

Bien sûr, puisqu’elle est médecin, certaines personnes pourraient être tentées de croire que cette fraude n’a eu qu’un impact modéré sur son revenu annuel. Or, Dre Garant précise que le problème est ailleurs. « J’ai travaillé très fort pour bâtir ma carrière. J’ai étudié durant 11 ans à l’université et j’en ai mis de l’énergie dans mon entreprise », fait-elle valoir.

Des « drapeaux rouges »

Quoi qu’il en soit, Dorothée Garant reconnaît que des « drapeaux rouges étaient levés à certains moments » à l’époque à laquelle Annie-Lyne Belleville travaillait pour la clinique Po +.

« J’avais appris qu’elle avait un dossier criminel, une chose que j’ignorais lors de son embauche. Mais elle avait des explications et ce genre de personne est souvent manipulateur. Nous, les médecins, on désire sauver le monde et j’ai essayé de lui donner une chance. Tu t’en veux quand tu repenses aux événements », relate-t-elle.

Sans surprise, elle recommande à tous les entrepreneurs de prendre le temps de vérifier les antécédents criminels de leurs nouveaux employés, question d’éviter des tracas inutiles qui seraient causés par des travailleurs malhonnêtes.

L’ancienne employée de la clinique Po + agissait à titre d’adjointe administrative. Elle aurait utilisé une carte de crédit frauduleusement et eu recours à des factures annulées en 2016 et 2017. Son dossier sera de retour en cour le 18 décembre prochain.