Lentement, mais sûrement la berce du Caucase perd du terrain dans le Val-Saint-François.

La berce du Caucase perd du terrain

Lentement, mais sûrement la berce du Caucase perd du terrain dans le Val-Saint-François. La plante géante et toxique n’est plus présente aux abords de la piste cyclable et plusieurs foyers d’infestations ont été traités.

« Ça avance assez bien, on essaie de dégager les rives pour éviter la propagation, souligne Christian Massé, le maire de Racine. Dans les trois dernières années, il y a eu une belle amélioration, mais nous sommes encore loin de l’éradication. »

Les municipalités de Racine, de Valcourt, du Canton de Valcourt et de Maricourt en plus de la MRC se sont regroupées et investissent environ 50 000 $ annuellement pour lutter contre la plante envahissante originaire de la limite entre l’Europe et l’Asie. Christian Massé salue d’ailleurs les investissements de 8 M$ de Québec annoncés en juillet pour lutter contre les plantes envahissantes.

Un travail de longue haleine reste toutefois à accomplir, selon Nicolas Trottier, président de Quadra Environnement, entreprise qui a été mandatée pour venir en aide aux municipalités du Val-Saint-François.

« C’est à ma connaissance la plus grande invasion de berces du Caucase au Québec, souligne-t-il. C’est une situation complexe parce qu’il y a plusieurs foyers d’invasion. Certaines personnes en avaient sur leur terrain et s’en sont débarrassées en les jetant dans le bois. On se retrouve donc avec des foyers complètement inexplicables sur des lots forestiers. Il y a aussi un réseau hydrographique assez complexe qui fait en sorte que la berce se propage lors des crues printanières et des orages. »

M. Trottier estime à plusieurs centaines de milliers voire plus d’un million le nombre de plants de berces du Caucase sur le territoire de Racine.

« On ne se le cachera pas, le plan d’intervention pourrait durer une dizaine d’années. Si on maintient un effort constant, on aura alors ramené la présence de la Berce à un niveau acceptable. »

Un plant de Berces du Caucase peut produire entre 15 000 et 17 000 graines par année. Le taux de germination atteint 86-87 % pour les spécimens étudiés au Québec. Elles germent très tôt au printemps, ce qui ne laisse pas beaucoup d’espace aux plantes indigènes.

« La berce a une capacité foudroyante d’invasion parce que ses graines peuvent flotter plusieurs heures et se transporter sur plusieurs kilomètres, ajoute Nicolas Trottier. Ce qu’on a fait cette année, c’est d’épuiser le réservoir de graines en éliminant les plants qui vont en produire cette année. On espère ainsi progressivement réduire la pression d’invasion. C’est la stratégie utilisée à Racine puisque l’envahissement est beaucoup trop important pour simplement arracher les plants. »

Une plante toxique

La sève de la berce du Caucase est photosensibilisante. C’est donc dire que si la peau entre en contact avec la berce puis est exposée au soleil, il peut s’ensuivre de graves brûlures.

« La sève est incolore et inodore, elle ne démange pas et ne brûle pas, mais elle entame son travail de destruction dès le contact avec la peau, explique Nicolas Trottier. L’exposition au soleil peut ensuite engendrer des brûlures qui peuvent aller jusqu’au troisième degré. Il y a eu plusieurs cas d’hospitalisation. »

Quoi faire?

La première étape pour les gens qui souhaitent se débarrasser de la plante envahissante est de signaler sa présence à leur municipalité, selon Nicolas Trottier.

« Si les gens décident de s’en débarrasser, je conseille de faire appel à des spécialistes. Il faut une combinaison complète. Ne pensez pas éliminer la Berce en la coupant, ça ne marchera pas. Le mieux est de déterrer les racines et de ramasser toutes les graines. »