Le maire du Canton de Potton Jacques Marcou fera ses adieux à la politique municipale en novembre prochain.
Le maire du Canton de Potton Jacques Marcou fera ses adieux à la politique municipale en novembre prochain.

« Je pense avoir eu un impact positif »

Jean-François Gagnon
Jean-François Gagnon
La Tribune
POTTON — Le sentiment du devoir accompli. Voilà ce que semble ressentir le maire de Potton, Jacques Marcoux, lorsqu’il jette un œil dans le rétroviseur pour se rappeler les étapes marquantes de ses trois mandats à la mairie de sa municipalité.

« Je ne suis pas le genre à m’intéresser au passé. Je tourne la page assez vite quand quelque chose est terminé. Par contre, je suis bien content de ce que j’ai fait comme maire de Potton. Je pense avoir eu un impact positif sur l’administration municipale », confie M. Marcoux, lequel prévoit quitter la politique en novembre prochain.

Fait inhabituel, les trois mandats du futur retraité se sont étalés sur une période d’environ 30 ans. Plusieurs projets d’importance ont vu le jour au sein de la municipalité au fil de ses trois mandats de maire.

« J’ai toujours introduit de nouveaux projets. Ça m’a d’ailleurs attiré des reproches de la part des résidents les plus conservateurs de notre municipalité », reconnaît sans difficulté Jacques Marcoux.

Entre autres, M. Marcoux a été à l’origine de la création de la place Manson au cœur de Mansonville, le principal village du vaste canton de Potton.

« C’était une cuve, cet endroit-là, avant qu’on crée la place Manson. On y faisait une patinoire durant l’hiver. Mais en été c’était un lieu très humide. Énormément de terre a été transportée sur place dans le temps et, aujourd’hui, le site est un aimant important. Il attire les gens. »

Le maire a également joué un rôle crucial dans le dossier du CLSC de Mansonville, fondé après le départ de deux médecins qui desservaient le milieu. « Disons que ce CLSC rend notre municipalité particulière. Il a une grande importance pour notre communauté. J’avais sensibilisé à l’époque le député Pierre Paradis et le ministre Marc-Yvan Côté à ce projet-là. Ils m’avaient ouvert la porte », note-t-il.

Par ailleurs, il assure être heureux de travailler avec le conseil présentement en place à Potton, et ce, malgré les différentes controverses qui ont éclaté au cours des dernières années. « Je n’ai pas fait face à des belligérants. Ça avance bien. »

Un problème de santé

Pour expliquer son départ hâtif de la mairie, Jacques Marcoux évoque un problème de santé récent qui lui a fait prendre conscience qu’il était sans doute temps pour lui de passer le flambeau.

« Je n’ai jamais vraiment eu d’ennui de santé. Mais j’ai craint d’avoir un diagnostic de cancer, ces derniers mois, et ça m’a fait beaucoup réfléchir. J’ai donc le goût, à 75 ans, de m’occuper de projets personnels », révèle-t-il, tout en avouant que la pandémie de la COVID-19 a aussi nourri sa réflexion.

M. Marcoux est un cycliste aguerri qui a de très longs voyages à bicyclette à son actif. Il envisage notamment d’aller rouler à vélo avec des amis en Irlande, dans les « pays slaves » ainsi qu’en Amérique du Sud pendant les années à venir.

Le choix des élus attendra

Il faudra attendre encore quelques mois avant de savoir officiellement qui sera le successeur du maire de Potton, Jacques Marcoux. Un vote secret devra être tenu au conseil municipal avant qu’on connaisse l’identité du futur maire.

Ces dernières semaines, on avait annoncé que le conseiller Michael Laplume deviendrait maire à compter de novembre 2020. Mais le conseil municipal de Potton n’aurait pas parfaitement suivi les règles en prenant cette décision, d’après les informations obtenues.

« On a été informé qu’il faudra finalement un vote secret lors de mon départ, qui est prévu le 8 novembre prochain. En attendant ce moment-là par contre, M. Laplume peut rester maire suppléant comme décidé », indique Jacques Marcoux.

Le conseiller municipal concerné n’avait pas été informé de ce revirement de situation. Mais il a bien réagi en apprenant la nouvelle. « Ça fait sens de procéder de cette manière-là à mon avis », déclare-t-il.

N’ayant pas l’intention de prolonger sa carrière politique au-delà de 2021, Michael Laplume s’attend néanmoins à ce que le conseil lui accorde sa confiance en novembre prochain. « Je serais surpris que le choix du conseil change. Je quitterai en 2021 et c’est un élément dont mes collègues avaient tenu compte », affirme-t-il.

Par ailleurs, M. Laplume révèle qu’il n’entend pas contester la vente de l’ancienne succursale de la CIBC à Mansonville au Canton de Potton. Il avait vendu cet édifice à la municipalité pour une somme supérieure à 170 000 $, mais il a été forcé de remettre près de 61 000 $ à Potton après une décision rendue par la Commission municipale du Québec.

« Les modalités n’ont pas été respectées lors de la vente alors je croyais définitivement pouvoir gagner en déposant un recours. Mais ça devient lourd tout ça et j’ai choisi de laisser aller. De toute manière, la municipalité en a réellement besoin de ce bâtiment. »