Un homme de famille avant tout, Jacques Madore a marqué ses contemporains par sa bonté, sa générosité et ses talents de rassembleur de manière à ce que son nom et son œuvre ne soient jamais oubliés.

Jacques Madore 1958-2019 : « Un grand rassembleur »

Par la grandeur de son œuvre et par son impact positif sur sa communauté, le nom de Jacques Madore ne tombera jamais dans l’oubli dans son village natal de Saint-Malo ainsi que dans l’ensemble de la MRC de Coaticook, même si l’homme politique et militaire est parti trop tôt à l’âge de 60 ans.

Jacques « Jack » Madore a vu le jour le 12 juillet 1958 sur la ferme familiale. Son parcours inspirant l’amène à s’enrôler rapidement dans les forces armées canadiennes en 1976, alors qu’il avait seulement 18 ans. Sans en être pleinement conscient au moment des faits, cette décision de rejoindre les rangs de l’armée allait modeler le grand homme qui a laissé sa marque sur tant de gens, de la région de Coaticook jusqu’en Allemagne. 

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« Jack est entré dans l’armée comme technicien des mouvements. On s’est rencontrés sur une base à Edmonton en 1981 », se souvient sa conjointe des 34 dernières années, Monique Desbiens, qui veillait au ravitaillement des avions pour les Forces armées à cette époque. « Il s’occupait de la logistique des transports de cargaison par la voie des airs, de la terre et de la mer. Il était très populaire auprès des femmes et les respectait grandement, en plus d’être humble et d’avoir une capacité particulière à ressentir de l’empathie. »

Lorsque les Forces armées ont sollicité la présence de Jacques Madore en Allemagne, pour ce qui allait être les dernières années de la Guerre froide, les jeunes tourtereaux ont décidé d’unir leurs destins, de manière à ne pas être séparés durant de longues années. Leur union a mené à la naissance de trois filles, Sabrina, Mylène et Alexandra. 

« À moins qu’ils soient mariés, l’armée séparait les amoureux sur différentes bases. Avec sa mission en Allemagne qui approchait, ça nous a incités à nous marier pour que je puisse le suivre dans cette nouvelle aventure. »

Ces années passées en Allemagne furent déterminantes pour M. Madore qui a obtenu le grade de caporal-chef et l’admiration de ses contemporains au sein des Forces armées. Il a par la suite été appelé à servir en tant que Casque bleu pour les forces de l’OTAN durant les guerres de Yougoslavie en 1993, pour une période de six mois.


« Mon père était un bon vivant, il savait dire les vraies affaires de la bonne façon.  »
Sabrina Madore

Aux premières lignes d’un des conflits armés les plus violents de l’histoire récente, M. Madore a livré la marchandise avec brio, une fois de plus, ce qui lui a valu la promotion au grade d’adjudant en 1994. Il est devenu maître-adjudant en 2000, atteignant le sommet de sa profession à l’âge de 40 ans, avant de prendre sa retraite des Forces armées canadiennes en 2003 au terme de 27 ans de service. C’est au cours de ces années que M. Madore a développé ses aptitudes de leader ainsi que plusieurs autres traits de caractère qui ont fait de lui un homme si apprécié.

« Jack était un homme bon, tellement généreux. Il n’avait pas besoin d’élever la voix pour que les gens l’écoutent, il était un meneur naturel. Je lui disais souvent que j’irais à la guerre à ses côtés n’importe quand! Il finissait toujours ce qu’il avait commencé et il était apprécié par tous ses collègues, ce qui n’est pas facile à faire dans l’armée comme en politique. Il disait qu’après avoir mené 500 hommes dans l’armée, ce n’était rien pour lui d’en mener 12 dans le milieu des affaires ou en politique. »

Retour en région

De retour en région après sa carrière militaire, Jacques Madore n’a pas tardé à s’impliquer dans la communauté. Il a assumé le rôle d’adjudant-chef au sein des Sherbrooke Hussars dès 2004, s’est fait élire maire de Saint-Malo en 2006 et a pris la direction de la Coopérative agricole de Saint-Isidore-de-Clifton en 2008, alors que l’avenir de cette dernière n’était pas particulièrement prometteur. Il a ensuite été choisi par ses pairs pour assumer le rôle de préfet de la MRC de Coaticook en 2013, réussissant à dynamiser la région et à en faire une terre d’accueil de choix pour les familles se cherchant un nouveau domicile.

« Mon père était un bon vivant, il savait dire les vraies affaires de la bonne façon. C’était un homme très croyant qui priait régulièrement et qui avait de bonnes valeurs », confie sa fille Sabrina. 

« Il aimait partager ses connaissances et transmettre son savoir. Il nous disait qu’à force de se tenir avec lui, on allait apprendre plein de choses. C’était un visionnaire qui aimait beaucoup les jeunes, il savait que l’avenir passait par eux. Il a toujours voulu aider son prochain, son cœur n’avait pas de limites. »

Cette volonté d’aider son prochain s’est traduite par son implication incessante dans le Relais pour la vie de la Société canadienne du cancer et une variété d’autres événements à titre de bénévole.

« Mon père aimait faire à manger pour tout le monde et il ne comptait pas ses bonnes actions. Il était toujours prêt à recevoir des gens à la dernière minute et ne laissait personne être seul. Depuis une quinzaine d’années, il allait porter un repas à un résident de Saint-Malo qui était seul à Noël chaque année, sans exception. C’était un grand rassembleur. »

Pour que l’œuvre de Jacques Madore se poursuive même après son passage vers l’autre monde, sa famille remettra d’ailleurs les dons au Relais pour la vie de Coaticook.

« On veut remercier sincèrement tous les gens qui sont derrière nous et qui nous supporte depuis son décès », a tenu à souligner sa fille Mylène. 

« On va rendre un hommage à Jack digne de son nom et de son œuvre lors de ses funérailles. »

Les funérailles auront lieu le samedi 2 mars à 15 h 30 à l’église St-Malo.