L’insalubrité morbide et l’encombrement peuvent se présenter autant chez des personnes fonctionnelles dans leur vie que chez des personnes isolées socialement, énonce l’une des signataires du protocole d’entente.

Insalubrité morbide : la MRC de Coaticook s’outille

La MRC de Coaticook se dote d’un outil pour mieux intervenir auprès des citoyens vivant avec une problématique d’insalubrité morbide ou d’encombrement sur son territoire.

Au cours des 10 dernières années, 35 cas, dont 10 d’insalubrité, ont été signalés au service de prévention incendie de la MRC, qui a jugé bon ouvrir la discussion avec d’autres organisations concernées.

« Ce sont des interventions délicates à faire, explique Bernard Marion, responsable des dossiers de sécurité dans la MRC et maire de Sainte-Edwidge-de-Clifton. La façon d’intervenir auprès de ces gens-là dépasse le mandat des services d’incendie. »

Ils pourront dorénavant se référer à un protocole d’entente de collaboration conclu entre la MRC de Coaticook et le CIUSSS de l’Estrie-CHUS et qui implique une douzaine d’organisations de la MRC susceptibles d’être interpellées directement ou indirectement par de tels cas. Entre autres le Centre d’action bénévole, l’Office municipal d’habitation, les services ambulanciers et la Société protectrice des animaux de l’Estrie.

« Ça ne veut pas dire qu’il n’y avait pas de collaboration avant, met en perspective Marie-Josée Giraud, chef de service en santé mentale et dépendance au CSSS de Coaticook du CIUSSS de l’Estrie-CHUS. Le protocole vient préciser le rôle de chacun et comment on peut tous contribuer à intervenir de façon respectueuse et adaptée à la situation. »

Les cas d’insalubrité morbide ou d’encombrement sont complexes à gérer. Cela englobe plusieurs comportements qui résultent en une négligence de la propreté du logement et un entassement d’objets ou de déchets qui menacent la santé et la sécurité des occupants, définit-on.

« Ces situations peuvent se présenter autant chez des personnes fonctionnelles dans leur vie, qui ont un réseau social et un travail, que chez des personnes isolées socialement qui ont peu ou pas de relations en dehors du travail », précise Andrée Duquette, directrice adjointe du programme de santé mentale et dépendance du CIUSSS de l’Estrie-CHUS et gestionnaire désignée pour le RLS de Coaticook.

« Ces gens-là sont parfois méfiants et réfractaires à recevoir de l’aide. Il faut comprendre qu’on entre dans leur intimité. Il faut agir avec respect et bienveillance pour arriver à les aider », ajoute Mme Giraud.


«  Ces gens-là sont parfois méfiants et réfractaires à recevoir de l’aide. Il faut comprendre qu’on entre dans leur intimité. Il faut agir avec respect et bienveillance pour arriver à les aider.  »
Marie-Josée Giraud, du CSSS de Coaticook

Coordonnateur en sécurité incendie à la MRC de Coaticook, Jonathan Garceau voit d’un bon œil la discussion qui a été menée depuis plus d’un an et demi pour élaborer ce document d’une vingtaine de pages, qui s’appuie également sur l’expérience d’autres municipalités, dont Magog et Granby sur le territoire du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« Ça va éviter que tout le monde travaille en silo. En ayant plusieurs ressources qui travaillent dans le même sens, ça va garantir que les personnes qui en ont besoin auront accès aux services d’aide disponibles. »

Marie-Josée Giraud estime que ce n’est pas étonnant que la MRC de Coaticook se soit livrée à un tel exercice de concertation. Les problèmes d’insalubrité morbide ou d’encombrement n’y sont pas pires qu’ailleurs, assure-t-elle, mais il y a dans la communauté une forte culture d’entraide.

« Les discussions nous ont permis d’échanger sur nos valeurs, sur nos rôles et sur nos modes d’interventions, pour apporter une contribution significative et faire des interventions justes et respectueuses. »

Elle prédit que le protocole va faire des petits dans la région.

Enfin, Bernard Marion invite la population de la MRC à ne pas hésiter à signaler les situations problématiques, soit en s’adressant au département de prévention des incendies ou à l’accueil psychosocial du CIUSSS de l’Estrie.

« Plus vite c’est pris en charge, dit-il, mieux c’est pour la personne et pour la sécurité de tous. »