Frédéric Pansini et François Jolin s’intéressent à l’industrie ferroviaire avec passion.

Ils sont fous des chemins de fer

Ils sont plus d’un millier d’amateurs au Québec à avoir la passion du chemin de fer. Chaque jour ou presque, les trains qui circulent sur les chemins de fer des Cantons-de-l’Est sont attendus comme de véritables vedettes par ces amateurs. Portrait d’une passion hors de l’ordinaire.

Comme certains allument la radio à la maison pour se divertir ou relaxer, Frédéric Pansini allume sa radio mobile pour entendre les communications des employés des compagnies ferroviaires. Depuis quelques années, le jeune homme de Bromont a sauté à pieds joints dans cet univers et profite de ses temps libres pour se consacrer aux trains et aux chemins de fer.

« Les chemins de fer ont été le moteur économique pour développer le pays. En s’y intéressant, ça permet de comprendre notre histoire. Ici à Bromont, les rails étaient là avant la ville », explique Frédéric qui a manifestement la piqûre.

Dimanche matin, le Bromontois a donné rendez-vous à La Voix de l’Est à proximité de l’ancienne gare de Bromont, à l’angle des rues de Montréal et Gaspé. Il tenait à être accompagné de François Jolin, un résident de Saint-Jean-sur-Richelieu passionné du réseau ferroviaire des Cantons-de-l’Est et du train en général depuis quatre décennies.

Aujourd’hui retraité des forces armées, François Jolin se consacre presque à temps plein à sa passion, au point d’être devenu l’une des références en la matière au Québec. Ses images de convois ferroviaires prises grâce à son drone sont parmi les plus appréciées sur les réseaux sociaux. Il a également fraternisé avec les employés de la Central Maine & Quebec Railway, ce qui lui permet d’être au parfum des dernières nouvelles.

François Jolin est perçu comme une référence en matière de chemins de fer.

Réseau

Les amateurs de chemins de fer sont particulièrement actifs sur les réseaux sociaux. Sur Facebook, deux groupes rassemblent la majorité des amateurs de la région. Québec Railfans et le groupe Central Maine and Quebec Railway Railfans and Train Chasers qui comptent chacun plus d’un millier de membres. Le second se concentre exclusivement sur la compagnie qui traverse la région et une partie de la Nouvelle-Angleterre.

Puisque les trains de marchandises n’ont plus d’horaire fixe depuis que les chemins de fers sont moins utilisés, ses amateurs doivent compter sur les informations de leurs camarades pour savoir quand assister au passage d’un train. « Quand il part des États-Unis, on sait à peu près à quel moment il va passer. Les autres vont publier des informations supplémentaires et nous permettre de mieux évaluer l’heure de son passage », précise François Jolin.

Certains amateurs décident parfois de prendre le train « en chasse ». En connaissant bien le tracé du chemin de fer, ils attendent le passage du train à un endroit donné puis devancent le convoi afin d’admirer son passage de nouveau un peu plus loin.

Il s’agit généralement d’un passe-temps solitaire, mais ces amateurs se croisent souvent aux emplacements les plus prisés. Certains voyagent même dans d’autres régions ou aux États-Unis pour assouvir leur passion et sont accueillis par d’autres amateurs qui leur font visiter les meilleurs emplacements.

Univers

À force de s’intéresser d’aussi près à la réalité ferroviaire, Fréderic et François sont devenus à leur manière des experts de cette industrie. « Les employés finissent par nous connaître, parfois ils me disent “salut Fred !” sur les ondes », poursuit Frédéric.

Une ligne de conduite s’impose également aux railfans afin de garder une bonne réputation avec les employés de la compagnie ferroviaire. Ils évitent de se tenir trop près des rails et de partager trop d’informations sur les réseaux. « Parfois, on voit qu’il pourrait y avoir une infraction pour une raison ou pour une autre, mais on garde ça pour nous. On ne veut pas nuire à la compagnie ou aux employés » explique M. Jolin.

Leur passion est toutefois légale en tout point. Les ferrovipathes doivent seulement éviter de circuler sur la propriété de la compagnie ferroviaire et éviter de nuire au passage des convois.