Le conseil municipal sortant à Lac-Mégantic craint que les gouvernements attendent que le projet de voie de contournement ferroviaire tombe dans l’oubli.

« Ils semblent attendre que le projet soit oublié »

La Ville de Lac-Mégantic se sent laissée à elle-même dans le dossier de la voie de contournement ferroviaire et réclame un soutien plus sérieux des gouvernements provincial et fédéral pour une réalisation rapide du projet.

« Alors que nous avons reçu un message clair du premier ministre Philippe Couillard concernant l’importance de réaliser cette voie de contournement afin d’assurer la sécurité des Méganticois lors de notre visite à ses bureaux en mai dernier, le message est beaucoup moins affirmé du côté du gouvernement fédéral, qui a pourtant une responsabilité directe à l’égard de la sécurité du transport ferroviaire », déplore le maire suppléant de Lac-Mégantic Pierre Latulippe.

« Depuis ces rencontres, nous sentons qu’on nous laisse tout simplement nous dépêtrer dans ce dossier. Ils attendent les résultats de l’étude de faisabilité. Ils semblent plutôt attendre que ce projet soit oublié », ajoute-t-il dans une longue déclaration du conseil municipal qui devait être transmise au ministre des Affaires municipales Martin Coiteux, jeudi, à la veille de la fin du mandat des élus municipaux.

« Notre compréhension, c’est que la sécurité des citoyens, ce n’est pas juste la responsabilité de la municipalité. Cela relève autant des gouvernements supérieurs. Actuellement, nous nous sentons seuls », déplore M. Latulippe.

Les élus de Lac-Mégantic espèrent un leadership plus affirmé des gouvernements provincial et fédéral.

Un rapport nuisible

Ils considèrent également que le rapport du BAPE, déposé à la fin du mois de juillet dernier, nuit aux avancées du projet.

« Malgré la grande humanité et les compétences du commissaire, nous questionnons la méthodologie utilisée. L’échantillonnage analysé pour en arriver à des recommandations divergentes n’était basé sur aucune notion scientifique », explique M. Latulippe en faisant valoir qu’il est généralement reconnu que lors de telles audiences, ce sont majoritairement des gens contre les projets qui s’expriment.

Aux yeux des élus, deux des recommandations du rapport du BAPE sont même vouées à l’échec.

« Quand on parle d’aller chercher l’acceptabilité sociale en informant les citoyens sur les risques associés au statu quo, cela revient à torturer une population fatiguée », estime M. Latulippe. « Pourtant le rapport indique que la courbe et la pente sont toujours là et présentent des risques importants dans le cas d’un train à la dérive. Les citoyens connaissent les enjeux prépondérants au statu quo, ils vivent avec les conséquences depuis quatre années. Pourquoi encore en ajouter? »


Quand on parle d’aller chercher l’acceptabilité sociale en informant les citoyens sur les risques associés au statu quo, cela revient à torturer une population fatiguée
Pierre Latulippe

La seconde recommandation porte sur les discussions avec les Municipalités de Nantes et de Frontenac pour en venir à un tracé qui ferait consensus.

Pierre Latulippe explique que malgré de nouvelles rencontres de travail, très cordiales, survenues depuis deux semaines, il appert que le consensus sera très difficile à obtenir. « Oui Frontenac a proposé un tracé alternatif à l’option 1 dans le trécarré des lots, mais on doit maintenant obtenir le soutien du gouvernement pour réaliser une analyse en profondeur de cette option et en mesurer tous les impacts. »

À un mois des élections du 5 novembre et alors que la majorité des sept élus ne sollicitent pas de nouveau mandat, le conseil municipal jugeait important de faire le point sur ce dossier qu’il a qualifié de prioritaire.
Le bilan sera transmis au ministre Coiteux « pour faire part de nos attentes, dit M. Latulippe, et pour éviter que le dossier prenne du retard. La direction générale de la Ville va tenir le fort jusqu’à l’entrée en poste du prochain conseil ».