Richard Tanguay, maire de Weedon, croit que les riverains habitant les berges du lac Louise ne seront pas nombreux à se prévaloir du programme du Ministère de la Sécurité publique qui donne la possibilité de vendre sa propriété au ministère.

« Ils ne partiront pas », croit le maire de Weedon

Les mesures incitatives à la vente pour les riverains en zone inondable, que songe à introduire le premier ministre François Legault pour éviter d’avoir à indemniser constamment ces derniers, sont offertes à Weedon depuis 2016 et bien peu d’entre eux ont pris l’offre du ministère de la Sécurité publique, justifiant leur refus par un éventail de raisons.

Ce programme qui s’apparente à ce que M. Legault a évoqué en fin de semaine a été mis en place à Weedon à la suite des inondations récurrentes de 2005, 2006 et 2009.

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Évacuations décrétées à Weedon

La FQM a envisagé le déplacement de riverains

« Dans l’éventualité où un riverain voit sa résidence subir des dommages importants équivalents à plus de la moitié de sa valeur, il peut choisir de vendre sa propriété au ministère de la Sécurité publique, qui se charge de nettoyer le lot avant de redonner le terrain à la municipalité, explique Richard Tanguay, maire de Weedon. Suite aux inondations majeures de l’année dernière, un riverain a décidé d’accepter l’offre du Ministère pour s’acheter une résidence hors de la zone inondable. »

Il croit toutefois que les riverains habitant les berges du lac Louise ne seront pas nombreux à se prévaloir du programme du Ministère de la Sécurité publique pour plusieurs raisons. En plus du fait qu’ils apprécient grandement leur qualité de vie autour du lac et que la période des inondations dure seulement deux semaines par année, leur refus s’explique par leur préparation aux sinistres, soutient le maire.

« Oui, les mesures de compensation pourraient les intéresser, mais d’après moi, les gens ne seront pas intéressés à embarquer dans le programme, confie-t-il. Les gens veulent garder leur maison, la plupart d’entre eux y sont attachés. Ils disent tous que ça dure juste deux semaines par année et qu’ils trouvent l’endroit tellement beau. »

« Ça finit que ça coûte cher à l’État, mais pas ici. Les gens sont bien préparés et se sont adaptés aux conditions, donc les pertes matérielles ne sont pas trop dispendieuses, poursuit le magistrat. La situation est toutefois bien différente ici qu’elle l’est dans les banlieues cossues de Montréal. Alors qu’on retrouve surtout des maisons à plus de 400 000 $ à L’Île-Bizard et l’île Mercier, c’est plus des chalets et des résidences modestes qui sont ici sur les berges du lac Louise. Quand on a eu les pires inondations de notre histoire l’année dernière, très peu de gens ont fait des réclamations d’aide financière. On s’attendait à en voir plus, ça démontre qu’ils sont prêts à faire face à de tels sinistres. »

Un changement au code national du bâtiment

Pour permettre aux riverains de mieux composer avec les crues printanières, M. Tanguay suggère plutôt au premier ministre Legault d’assouplir le Code national du bâtiment, qui empêche actuellement les résidents de construire de manière à mieux composer avec le niveau changeant des eaux. 

« Ce que je dis au gouvernement, c’est qu’il devrait changer la loi au niveau de la Société d’habitation du Québec et du Code national du bâtiment. Si les gens avaient le droit de se construire sur pilotis et d’augmenter la hauteur de leur résidence en haut du seuil inondable, une bonne partie d’entre eux se mettraient à l’œuvre pour s’adapter aux conditions, suggère-t-il. Ça permettrait à beaucoup de gens de continuer à vivre où ils sont tout en évitant d’avoir à réclamer des montants au gouvernement pour s’indemniser des dommages causés par les inondations presque annuelles. »