Hydro-Québec écarte la voie de contournement

Hydro-Québec fait volte-face dans le dossier de la future ligne d’interconnexion Appalaches-Maine. Après avoir affirmé samedi qu’elle « documentait » l’option d’utiliser le corridor de la voie de contournement ferroviaire de Lac-Mégantic, la société d’État affirme maintenant que cette option sera « exclue » des scénarios qui seront présentés aux citoyens lors des assemblées de consultation prévues au cours des prochaines semaines.

Dans un courriel acheminé à La Tribune, la porte-parole d’Hydro-Québec, Lynn St-Laurent, indique qu’en raison de facteurs techniques, environnementaux et sociaux, l’utilisation de la voie de contournement ferroviaire « ne représenterait pas » la meilleure option.

Hydro continue d’affirmer que « le projet de voie de contournement fait partie des éléments que nous documentons », mais que « cette option ne représenterait pas un tracé de moindre impact et elle sera exclue », précise maintenant la porte-parole d’Hydro-Québec.

Dans le même courriel, Hydro-Québec précise qu’une « vaste consultation auprès de ces communautés sera effectuée au cours des semaines à venir, et l’équipe de développement de projet présentera sa démarche, en plus du ou des tracés retenus. »

Selon certaines informations qui circulent actuellement dans la région du Granit, une première assemblée de consultation aurait lieu le 19 novembre prochain.

La Tribune révélait samedi qu’Hydro-Québec a effectué divers relevés et analyses de sols dans les secteurs de Nantes et de Frontenac, là où doit passer la future voie de contournement ferroviaire. Ces analyses visaient à évaluer la possibilité d’utiliser le corridor de la future voie ferroviaire pour y faire passer sa ligne d’interconnexion Appalaches-Maine.  

Rappelons qu’Hydro-Québec et son partenaire américain Central Maine Power (CMP) ont annoncé en juin dernier avoir signé une entente avec trois distributeurs d’électricité du Massachusetts dans le but de fournir annuellement 9,45 térawattheures pendant 20 ans à cet État américain à partir de 2022. Le projet est évalué à 950 M$ US.

L’entente entre Hydro-Québec et CMP fait suite à l’échec du projet Northern Pass qui devait transporter l’hydroélectricité québécoise vers le Massachusetts, en passant par l’État du New Hampshire. 

Études préliminaires

Par ailleurs, la Ville de Lac-Mégantic a annoncé, sur son site Internet, que dans les semaines des 5 et 12 novembre, des relevés par réfraction sismique seraient réalisés pour recueillir des données souterraines, afin d’établir un inventaire du sous-sol et connaître la profondeur du roc ou la stratigraphie des sols, à proximité du tracé de la future voie de contournement ferroviaire. Des sons ressemblant à des pétards ou à des explosifs seront entendus dans le secteur, reliés à cette technique d’étude sismique.

« Soyez assurés qu’à ce stade, aucun dynamitage n’est réalisé », précise le message.

Au début de l’opération, un hélicoptère survolera le tracé projeté de la voie de contournement, réalisant ainsi un relevé LIDAR, une méthode efficace sur les grandes surfaces plus difficiles d’accès en raison de la densité de la végétation. La morphologie du terrain est ainsi représentée plus précisément. Dès le lundi 5 novembre, un hélicoptère a été observé sillonnant à maintes reprises le ciel de Lac-Mégantic. Avec Ronald Martel