Hydro prête à «partager» son analyse de Northern Pass

Hydro-Québec se dit maintenant prête à « partager » son analyse sur l'enfouissement de la ligne Québec-New Hampshire dans la forêt Hereford, mais d'abord avec les propriétaires privés qui seraient éventuellement touchés par le tracé souterrain.
Après avoir refusé mercredi de divulguer ses documents, Hydro-Québec a fait savoir jeudi qu'elle n'avait plus d'objections à les partager dans le cadre des échanges qu'elle entretient depuis plusieurs mois avec les intervenants du milieu.
« Nous n'avons pas d'objections à partager l'analyse qui a été faite sur la proposition souterraine. Cependant, nous souhaitons le faire dans le respect des échanges en cours, notamment avec les propriétaires concernés. À ce chapitre, les démarches se poursuivent », a indiqué Hydro dans une déclaration mise en ligne sur l'heure du midi jeudi.
La décision initiale d'Hydro de ne pas divulguer le contenu de cette étude a provoqué de vives réactions sur les médias sociaux. Plusieurs internautes ont en effet accusé la société d'État de manquer d'intégrité et de transparence en refusant de publier ses résultats, tel que le recommande le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE).
Les résultats de cette nouvelle analyse ont été présentés aux administrateurs de Forêt Hereford et de Conservation de la nature Canada, lors d'une rencontre tenue le 12 avril dernier. Cette analyse portait sur un tracé souterrain proposé par Forêt Hereford, l'organisme chargé de gérer la servitude de conservation de la forêt Hereford qui s'étend sur plus de 5600 hectares.
Même si elle refuse pour l'instant de rendre ses études comparatives accessibles à tous, Hydro-Québec affirme qu'elle respecte entièrement le processus de consultation entourant le projet.
« Cela ne veut pas dire qu'on ne les rendra pas publiques, a précisé la porte-parole d'Hydro, Lynn St-Laurent. Nous allons arriver à la même destination... Forêt Hereford nous a demandé d'évaluer un tracé. Nous l'avons évalué. Mais comme ça implique des propriétaires privés, nous voulons les informer d'abord. Nous allons ensuite transmettre l'information au gouvernement et nous allons la rendre publique par la suite », a indiqué Mme St-Laurent, sans être en mesure de préciser de date.
Mardi, Forêt Hereford a pris officiellement position en faveur de l'enfouissement de la ligne en passant notamment par ses chemins forestiers. Hydro-Québec a jusqu'ici écarté cette option pour des raisons techniques et économiques, estimant qu'une ligne souterraine ferait grimper le coût du projet de plus de 60 millions de dollars.
La coalition SOS mont Hereford, qui n'est pas opposée au projet d'interconnexion avec le New Hampshire, réclame quant à elle que le tracé retenu protège le paysage et le massif du mont Hereford contre l'érection d'une ligne à haute tension. La coalition fait valoir que le volet américain du projet prévoit l'enfouissement de la future ligne sur plus de 100 kilomètres afin de préserver le paysage des Montagnes-Blanches.
La mise en marche du projet, prévue pour l'automne prochain, attend l'autorisation du ministère de l'Environnement.