Hôpital de Magog: le comité de vigie en appelle au premier ministre

Le comité de vigie sur les soins de santé dans le Memphrémagog tire la sonnette d’alarme. Affirmant que l’offre de services de santé dans la région de Magog est en diminution, son président, Jean-Guy Gingras, soutient qu’il est temps que le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, jette lui-même un œil à la situation vécue dans le secteur.

Mercredi après-midi, le taux d’occupation au centre de santé de Magog aurait atteint 285 pour cent. Il n’en fallait pas plus pour que le comité de vigie publie un communiqué pour dénoncer la situation.

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«Ce n’est pas juste en ce moment que ça ne va pas bien à l’urgence chez nous, lance Jean-Guy Gingras. De la grippe, il y en a tous les ans alors ça n’est pas une très bonne excuse pour expliquer la situation.»

M. Gingras décrit une véritable situation de crise quand il parle de la journée de mercredi à l’urgence de l’hôpital de Magog. Selon son récit, les employés paraissaient débordés vers 15 h alors que trois ambulances attendaient pour déposer des patients, 20 personnes se trouvaient sur des civières et plusieurs autres patientaient debout parce qu’il manquait de places pour s’asseoir.

Le président du comité de vigie juge la situation d’autant plus inacceptable que l’offre globale de services de santé, en sol magogois, aurait diminué au cours des derniers mois, une conséquence présumée de la réforme enclenchée par le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Gaétan Barrette.

«Il y a eu le projet Optilab, l’engorgement à l’urgence, les nouveaux horodateurs vraiment pas pratiques et le transfert de services gériatriques vers Sherbrooke. Et ce sont seulement quelques-uns des dossiers problématiques», note celui qui a par ailleurs siégé pendant huit ans à titre de conseiller municipal à Magog.

Jean-Guy Gingras laisse entendre que les problématiques existantes sont aggravées par le vieillissement de la population, qui s’effectue en accéléré dans la région de Magog en raison des nombreux retraités qui s’établissent sur place tous les ans.


Jean-Guy Gingras

N’empêche, il tient le ministre Barrette directement responsable de la situation. «On a appris des choses concernant son attitude avec les gens, dans les dernières semaines, et on comprend peut être-mieux ce qui se passe en ce moment. Moi, j’ai l’impression que la direction du CIUSSS de l’Estrie-CHUS a les mains attachées.»

Dans la foulée, le président du comité de vigie rappelle que le réseau de la santé éprouve des difficultés de recrutement. «Qui veut travailler dans un contexte pareil?», demande-t-il sans attendre de réponse.

Durant les prochaines semaines, le comité de vigie de Memphrémagog, déçu du manque de collaboration qu’il obtient des autorités de la santé, devrait se réunir une nouvelle fois afin d’élaborer un plan d’action pour les mois à venir.

«Ça fait un an qu’on discute avec le CIUSSS de l’Estrie et on ne voit pas d’amélioration. En plus, je ne sens pas que le ministre Barrette peut nous aider. Donc, on essaiera de sensibiliser Philippe Couillard lui-même pour que ça change dans notre coin», explique M. Gingras.

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