Geneviève Hébert : « Je suis une femme d’équipe alors même au municipal, je ne me serais jamais présentée comme indépendante. J’aime collaborer avec une équipe. Je suis une femme de coalition.

Hébert élue dans Saint-François : une pensée pour son grand-père

C’est son grand-père de 92 ans, un fervent péquiste de longue date, qui a convaincu Geneviève Hébert de se présenter aux élections provinciales pour la Coalition avenir Québec (CAQ). « Il suivait de près l’actualité et à l’été 2017, il a conclu que c’était fini pour le Parti québécois et que Legault était maintenant son homme, un bon futur premier ministre. Quand j’ai été approchée par la CAQ, il était tellement ému. Il m’a dit que je devais accepter. J’ai fait mes recherches et en janvier, j’ai entamé les procédures », raconte la nouvelle députée de Saint-François, ajoutant que son grand-père est décédé 36 heures après l’annonce de sa candidature.

« Il a eu le temps de me voir à la télévision et dans le journal aux côtés de François Legault. Il était très fier », ajoute-t-elle, précisant qu’elle a pensé à lui lundi lorsqu’elle célébrait sa victoire.

Puis mardi matin, Mme Hébert s’est pincée pour être certaine qu’elle ne rêvait pas. « Je dois m’habituer au fait que je suis députée et non candidate », explique celle qui se rendra à Boucherville mercredi pour participer au premier caucus caquiste réunissant tous les candidats.

Mme Hébert ne se fait pas d’illusion quant aux responsabilités que lui réserve son chef.

« M. Legault prendra ses décisions. Il y a 28 candidates qui ont été élues et il veut la parité. Il a une bonne brochette de candidatures pour ses ministres. Pour ma part, juste députée pour le moment, c’est parfait. J’en ai beaucoup à apprendre. Je vais commencer par faire mes classes. Chaque chose en son temps », souligne celle qui désire avoir un bureau sur la rue King Est à Sherbrooke, dans son quartier d’origine, et un bureau au cœur de Coaticook.

« Je suis une fille de l’Est, mais je veux que les gens d’ailleurs dans ma circonscription sachent que je les écouterai tout autant. Qu’ils vivent sur le territoire rural ou urbain, je serai à proximité, à leur écoute. Par exemple, une partie de mon cœur est à Coaticook, car mon mari est originaire de là. On s’est marié à Baldwin et les célébrations ont eu lieu dans les gorges de Coaticook », souligne la débutée qui devra désormais se rendre à Québec trois jours par semaine.

« Je serai aussi au bureau de Coaticook une journée par semaine. Le bureau de Sherbrooke sera toujours ouvert », mentionne Mme Hébert, précisant que trois employés travailleront avec elle dans la circonscription.

Pour la conciliation travail-famille, la députée caquiste n’a pas d’inquiétude. « Mes enfants sont grands. Ils ont 21 et 23 ans et sont partis de la maison. Et mon mari, après 26 ans d’union est très autonome », lance-t-elle en riant.

Le parcours politique de Mme Hébert a commencé en 2013 alors qu’elle était bénévole pour la campagne municipale de Louisda Brochu, candidat pour le Renouveau sherbrookois. « J’ai fait beaucoup de porte-à-porte et j’ai adoré rencontrer les gens, les écouter. Je me suis dit que c’était peut-être quelque chose que j’aimerais faire, de la politique. » Aux dernières élections municipales, M. Brochu suggère son nom comme candidate du Renouveau sherbrookois pour lui succéder. Elle est battue par Rémi Demers en novembre 2017. « Un excellent candidat avec qui je travaillerai maintenant », lance Mme Hébert admettant que cette campagne électorale au municipal a été « son école » pour la dernière campagne provinciale.

Le fait d’être dans un parti politique lui a peut-être nui lors des élections municipales, mais le fait de faire partie de la CAQ a-t-il fait la différence dans la présente campagne? « Je suis une femme d’équipe alors même au municipal, je ne me serais jamais présentée comme indépendante. J’aime collaborer avec une équipe. Je suis une femme de coalition. Le parti a peut-être joué, mais je crois que le travail sur le terrain a aussi contribué à mon élection. Je crois avoir démontré que j’étais une femme près des gens, à leur écoute. »