Le nombre de signalements de coyotes en Estrie augmente, mais il ne faut pas conclure à une progression importante de ce prédateur sur le territoire, soutient le ministère de la Faune.

Hausse des signalements de coyotes : pas d’inquiétude à la Faune

Le nombre de signalements de coyotes en Estrie augmente, mais il ne faut pas conclure à une progression importante de ce prédateur sur le territoire.

Selon la Protection de la faune, tout signalement allant d’un simple coyote aperçu à une problématique de déprédation est enregistré. La moyenne des quatre dernières années est d’environ six signalements par année en Estrie. Le nombre enregistré depuis le début de 2019 est de 18 signalements. À titre comparatif, 26 signalements ont été enregistrés en Montérégie en 2019.

Cette augmentation pourrait être reliée à un seul individu problématique pour lequel plusieurs signalements auraient été reçus ou encore à la diffusion d’information sur les réseaux sociaux, relativise-t-on. 

« Nous doutons fortement qu’elle se traduise en une réelle augmentation de population », signale Catherine Ippersiel, de la direction des communications au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.

« Le coyote est une espèce commune en Estrie. Il est possible et normal d’assister à des variations locales d’abondance d’une année à l’autre. Celles-ci sont notamment reliées à la disponibilité des ressources alimentaires. Malheureusement, nous avons accès à peu d’indicateurs d’abondance pour évaluer précisément le niveau de population de coyotes. »

Mis à part les signalements des citoyens, le nombre de fourrures mises en marché est la seule information fournissant un indice de l’abondance. Ce nombre pour la saison 2018-2019 est similaire à la moyenne des dix dernières années en Estrie, soit autour de 950. Ces données ne permettent donc pas de conclure à une augmentation notable des populations de coyotes en Estrie, ajoute Mme Ippersiel.

« Comme les prédateurs naturels du coyote sont rares dans le sud du Québec, la récolte par le piégeage est un facteur important contribuant au maintien des densités à des niveaux non problématiques », dit-elle.

Peu d’interaction avec l’humain

« D’ailleurs, les cas d’interaction problématiques entre l’humain et le coyote sont peu communs et la cohabitation avec l’humain est possible et favorisée par l’adoption d’un comportement responsable qui implique notamment d’éviter de nourrir volontairement ou accidentellement avec des ordures ou autres sources alimentaires facilement disponibles. »

Dans le village de Lawrenceville, près de Valcourt, il est possible d’observer des coyotes régulièrement. Pour le maire de la municipalité, Derek Grilli, il ne faut pas s’alarmer. « On dirait qu’on en voit plus, surtout depuis cet été, mais ce n’est pas un problème », assure-t-il.

« Nous sommes rendus habitués de les voir. Quand ils voient du monde, les coyotes se sauvent. On ne m’a pas rapporté d’attaque contre des chiens ou des poules non plus. » 

L’observation ponctuelle de coyote en milieu naturel est normale tant que l’animal adopte un comportement de fuite lorsqu’il détecte la présence d’un humain, commente la porte-parole du ministère de la Faune.

« De telles observations n’indiquent pas nécessairement une augmentation d’abondance. Dans le cas d’une observation d’un coyote présentant un comportement douteux et qui semble anormal, nous recommandons de signaler l’observation à la direction de la protection de la faune via la ligne SOS braconnage », souligne Catherine Ippersiel.

« À cet effet, un guide sur la cohabitation avec les canidés sauvages est en préparation afin d’orienter les principaux intervenants dans leur prise de décisions quant aux actions à mettre de l’avant pour assurer une bonne cohabitation avec les canidés sauvages tout en évitant les situations problématiques. »