La mairesse de Magog Vicki-May Hamm n’a pas apprécié que le promoteur du train de passagers Montréal-Sherbrooke dévoile publiquement le projet de création d’une «gare de triage» dans le parc industriel de Magog.

Hamm déçue par les propos de François Rebello

Déterminé à créer un train pour passagers qui relierait Montréal à Sherbrooke, le président de l’entreprise Train-Hôtel, François Rebello, a commis un impair en dévoilant publiquement le projet de création d’une «gare de triage» dans le parc industriel de Magog. La Ville de Magog, qui pilote le dossier, souhaitait effectivement que celui-ci demeure strictement confidentiel pour le moment.

«C’est archi-confidentiel comme dossier, déclare la mairesse de Magog, Vicki-May Hamm. M. Rebello a sorti ça trop tôt dans les médias. On n’était pas prêt à ce que ça circule publiquement. Le timing n’est vraiment pas bon.»

Le promoteur a fait part des intentions de la Ville de Magog dans un texte publié en page 5 de l’édition de vendredi de La Tribune. Il soulignait que le projet de gare était une «nouveauté».

Apparaissant fort déçue de la situation, Vicki-May Hamm a fait valoir qu’il «est important de se faire confiance lorsqu’on travaille en partenariat avec diverses organisations», laissant ainsi entendre que le promoteur devra être plus prudent à l’avenir, s’il espère garder une bonne relation avec sa municipalité.

Mme Hamm n’a pas discuté avec François Rebello après la publication de l’article de La Tribune. Toutefois, un représentant de la municipalité aurait pris contact avec lui pour l’inviter à être plus prudent.

«C’est sûrement une situation qu’on peut récupérer. Mais, ce qui est évident, c’est qu’on ne voudrait pas que ça fasse déraper le projet, qui n’est pas entièrement attaché à ce stade-ci», confie la mairesse.

Pour sa part, François Rebello se défend en affirmant que son geste était accidentel. «Il avait été question de ce dossier lors d’une rencontre à laquelle participaient plusieurs municipalités alors je ne pensais pas que c’était confidentiel, mentionne-t-il. J’ai déjà dit à Magog que j’étais désolé. C’est une mésentente.»

« Pas un stationnement »

Contrairement à M. Rebello, la mairesse utilise l’appellation «gare intermodale» pour désigner le projet susceptible de se concrétiser dans le parc industriel de Magog. «Ce serait plus un site pour le chargement et le déchargement de marchandises en fait. On ne désire pas que ça devienne un stationnement pour wagons comme on en voit à certains endroits.»

Elle ajoute dans la foulée que des entreprises installées à Magog ont démontré de l’intérêt à l’égard de ce que projette la municipalité. «Le besoin est de plus en plus grand du côté des usines et, pour nous, ce serait une façon d’offrir un service de plus au secteur industriel», explique-t-elle.

Dans le parc industriel de Magog, quelques terrains différents pourraient accueillir le projet. «On est à la recherche du meilleur endroit au point de vue de l’aspect visuel, du bruit et autres pour que tout le monde, dont nos citoyens, soient satisfaits au moment de l’annonce. On a d’ailleurs des experts qui travaillent avec nous là-dessus», note Vicki-May Hamm.

En ce qui concerne la question des coûts, Mme Hamm préfère ne pas s’avancer. Elle laisse cependant entendre que la Ville ne serait pas seule à assumer la facture.