Haïti : pas de stress chez 18 vacanciers du Granit

Accompagnatrice d’un groupe de 18 vacanciers du Granit, Isabelle Boulanger avoue ne s’être jamais vraiment sentie en péril, en Haïti. Revenu dans la nuit de samedi à dimanche, un jour plus tôt que prévu, le groupe n’a pas vraiment souffert d’un sentiment de panique.

« Ce n’était pas pour nous, comme l’ont vécu les groupes qui ont été retenus en Haïti, parce qu’ils ont été empêchés de partir. Pour eux, il y avait beaucoup plus de stress que pour nous. Car dans notre cas, durant la crise, nous étions officiellement encore en vacances! On se faisait dire par la responsable des communications d’Air Transat : ‘‘Vous, cela ne vous concerne pas!’’», raconte Isabelle Boulanger.

« Il n’y avait pas la même dynamique entre tous les groupes de touristes québécois. Ceux qui devaient revenir une semaine auparavant, c’était plus intense pour certaines personnes. Comme celles qui, entre autres, avaient une médication, qui en avaient apporté pour seulement une certaine période et qui étaient incapables d’en ravoir sur place. Il y a même une jeune femme qui a dû se rendre en ambulance à l’hôpital, parce que ça n’allait pas bien. Mais ce n’était pas dans notre groupe. »

Les gens de la région de Mégantic ont donc plutôt vécu le cycle normal des vacances qui se continuait.

« Jusqu’au moment où ils ont annoncé que tous les transports étaient interrompus, qu’il n’y avait plus de transferts vers l’aéroport, j’ai senti que nous avons vécu un peu plus d’insécurité. On ne savait plus quand nous allions revenir. Il y a eu différents plans d’évacuation qui ont été élaborés. Mais nous n’avons manqué de rien. La nourriture n’a pas manqué, ni le logement, ni le personnel pour s’occuper de nous. Nous ne pouvions pas sortir du site de l’hôtel. Rien ne paraissait que nous étions pris au travers de manifestations politiques. Le Royal Decameron garantissait notre sécurité et ils ont tenu parole », confie Mme Boulanger.

« Nous étions avertis de ne pas nous aventurer à l’extérieur du site. Ça aurait été à nos risques et périls. Notre mot d’ordre était : à aller jusqu’à dimanche, personne ne s’en faisait. Les tensions politiques étaient palpables, quand nous en parlions avec des Haïtiens. C’est l’écart très grand entre les pauvres et les riches qui est le problème. Au Decameron, ça respire l’abondance. Les employés se disent chanceux de gagner 6 $ par jour, alors que le salaire moyen en Haïti est de 2 $ par jour. »

« Puis ils nous ont dit vendredi que nous allions être évacués samedi. J’étais contente d’avoir été en communication constante avec nos deux députés, Luc Berthold et François Jacques, qui se sont occupés de nous. M. Berthold me tenait informée. Les deux dirigeants d’Air Transat qui nous ont accompagnés étaient étonnés de voir que j’en savais autant. Notre groupe a été impressionné du souci de nos deux députés qui ont travaillé très fort pour nous aider et rapatrier tout ce beau monde... Nous avons eu un très bon support, je leur lève mon chapeau », conclut Isabelle Boulanger.