Le bâchage de toiles de jute au Lac Brompton aura permis de couvrir une superficie de 8500 mètres carrés.

Grande opération antimyriophylle à épi au lac Brompton

Une équipe de bénévoles et de plongeurs s’est affairée au bâchage de toiles de jute sur plus de 8500 mètres carrés près du marais du lac Brompton afin de contrôler l’invasion de la myriophylle à épi.

Cette opération s’est déroulée du 6 au 9 août sous la supervision d’une équipe du RAPPEL, experts-conseils en environnement et en gestion de l’eau.

Avant de se lancer dans une telle opération, l’Association pour la protection du Lac Brompton (APBL), s’est assuré de cartographier les zones où l’on retrouve les plus grandes concentrations de ces herbiers à l’aide de GPS.

Bien qu’il existe plusieurs zones où la plante envahissante a été identifiée au lac Brompton, seules les plus grandes concentrations nécessitent le recours à la technique de bâchage à l’aide de toiles de jute, qui exige davantage d’expertise, d’effectifs et de soutien financier.

« La toile fait près de 25 mètres de longueur. Quand elle est déroulée, deux embarcations à chaque extrémité doivent tirer sur des cordes pour la déplier. Une fois totalement dépliée, les plongeurs la descendent au fond de l’eau et la fixent grâce aux sacs de lestage », explique Louise Chrétien, vice-présidente de l’APBL.

Une fois sous la toile, la plante se fait écraser au fond de l’eau, ce qui contribue à bloquer son développement vertical et à la tuer après quelques semaines.

Il est à noter que cela permet la croissance de plantes indigènes sur la jute et au travers lors de sa dégradation qui se fait au bout de trois ans.

Plante envahissante 
Le myriophylle à épi est une nuisance pour les cours d’eau, et elle est assez répandue au Québec depuis près d’une trentaine d’années.

« Elle devient une nuisance lorsqu’elle est dense, indique Jean-Claude Thibault, président du RAPPEL. On ne peut plus alors se baigner, pêcher, se promener normalement avec une embarcation douce comme un kayak ou un pédalo. Ça bloque les usages normaux auxquels nous sommes habitués sur un lac. Une autre conséquence secondaire est que les riverains qui ont un terrain avec une telle concentration de myriophylles à épi devant chez eux subissent une dévaluation de leur terrain atteignant en moyenne 19 pour cent », souligne-t-il.

Le myriophylle à épi entraîne aussi une grande perte de la biodiversité en plus de nuire aux espèces dans la chaîne alimentaire.

« On ne peut malheureusement pas viser l’éradication de cette plante, mais il faut absolument tout faire pour la contrôler », affirme M. Thibault.

L’équipe du RAPPEL tenait aussi à souligner l’urgence d’agir face à l’envahissement de cette plante, puisque les données recueillies auprès de 68 associations membres indiquaient que 42 pour cent des plans d’eau sont touchés par cette invasion.

Placer les bâches de jute sur le lac Brompton coûte quelque 65 000 $ pour les 8500 mètres carrés.

Cette somme a été financée par les municipalités de Saint-Denis-de-Brompton, de Racine, et d’Orford, ainsi que par la MRC Memphrémagog et le Club des grands protecteurs du lac Brompton.

L’APBL et RAPPEL espèrent être capable de convaincre le gouvernement de l’importance d’investir pour contrôler la situation dans les lacs du Québec.

Cinq autres lacs de la région accueilleront les bâches de jute pour une superficie totale de 40 000 mètres carrés.

« Nous allons nous assurer de démontrer au gouvernement l’efficacité et la nécessité de nous aider financièrement dans nos opérations sur les cours d’eau. C’est pour cette raison que nous ferons un suivi scientifique des impacts sur la faune et la flore aquatique », ajoute M. Thibault.