Les parents des enfants gardés chez Cocorico doivent maintenant se trouver une nouvelle garderie.

Garderie illégale à Compton: les parents demandent un sursis

Les parents des enfants qui fréquentent la garderie illégale Cocorico de Compton veulent obtenir un sursis de la part des autorités en attendant que les propriétaires puissent entamer les démarches nécessaires.

Tenue sans permis issu par le gouvernement provincial depuis sa création il y a 13 ans, la garderie doit fermer d’ici un mois à la suite d’un avis du ministère de la Famille.

La mère d’une jeune fille gardée chez Cocorico depuis six mois, Carole Madore, admet certains torts de la part des administrateurs de la garderie, tout en croyant que la punition imposée par le Québec est trop sévère. « Il n’y avait rien pour nous laisser croire que la propriétaire n’avait pas ses permis, la garderie opérait en toute transparence. On avait nos reçus pour les remboursements d’impôts en bonne et due forme. Ce n’est pas de l’aveuglement volontaire de notre part, loin de là », explique-t-elle.

La gestionnaire de la garderie estimait que le permis municipal était suffisant.

« Elle se croyait correcte dans sa démarche. Quand son permis fut octroyé par la municipalité, le responsable lui aurait dit qu’elle n’avait besoin de rien d’autre pour opérer. Elle a augmenté sa capacité au fil des années, alors que la demande s’est faite plus intense. Elle ne devrait pas être pénalisée pour sa négligence », explique Carole Madore

Places rares à Compton

Les parents des enfants gardés chez Cocorico doivent maintenant se trouver une nouvelle garderie.

Une tâche qui n’est pas facile, toujours selon Carole Madore. « Il n’y a pas d’autres garderies à Compton qui ont des places libres en ce moment. On ne veut pas avoir à réveiller nos enfants à 5 h du matin pour les amener à la garderie à Coaticook avant de redescendre à Sherbrooke ou dans d’autres municipalités pour le travail. Ça nous fait un énorme détour et ça fait vivre beaucoup de stress à nos jeunes enfants. »

La mère, ainsi que la presque totalité des parents impliqués, veut que le ministère de la Famille accorde plus de temps aux gestionnaires de Cocorico pour qu’ils puissent mettre leur statut légal en ordre, de manière à continuer leurs activités.

« On veut de l’aide pour que la garderie puisse se conformer », poursuit Mme Madore. « On dirait que le ministère ne veut pas considérer les circonstances et aime mieux taper sur le clou que de comprendre notre situation. Je pense vraiment que c’est une personne au cœur d’or qui n’a pas voulu mal faire, elle a seulement été un peu négligente, elle ne mérite pas ce qui lui arrive aujourd’hui. »


«  On ne veut pas avoir à réveiller nos enfants à 5 h du matin pour les amener à la garderie à Coaticook avant de redescendre à Sherbrooke ou dans d’autres municipalités pour le travail. Ça nous fait un énorme détour et ça fait vivre beaucoup de stress à nos enfants  »
Carole Madore, parent

Le bureau du ministre réplique

En entrevue téléphonique, l’attaché de presse pour le ministère de la Famille Karl Fillion reconnaît que la décision cause des désagréments majeurs pour les parents et les enfants impliqués, sans toutefois croire que ce soit assez pour contourner les règlements.

« Malheureusement, on ne peut pas délivrer de permis temporaires ou allonger le délai prescrit par l’avis d’évacuation. Le processus d’émission des permis est conçu de manière à ce que les personnes désirant ouvrir une garderie viennent en chercher un au préalable. Il y a plusieurs manières de trouver une autre garderie, dont en s’inscrivant sur la liste pour les places en garderies subventionnées ou en recherchant les garderies à proximité sur le site web du ministère de la Famille », explique-t-il.

« On comprend très bien que ce n’est pas une bonne nouvelle pour les parents. Reste que la personne responsable a négligé d’avoir son permis avant d’ouvrir sa garderie, ce qui n’est pas de notre faute. Ça cause toutes sortes de tracas aux parents, aux enfants et à nous. Personne n’est gagnant dans cette histoire », reconnaît-il.