L’annonce d’un financement conjoint de 4 millions $ de la part des gouvernements fédéral et provincial a réuni plusieurs acteurs importants du dénouement de ce dossier, à l’Observatoire du Mont-Mégantic, au sommet de la montagne. De g. à d., Eugénie Brouillet, vice-rectrice à la recherche, à la création et à l’innovation de l’Université Laval, René Doyon, directeur de l’Observatoire et professeur au département de physique à l’Université de Montréal, Marie-Claude Bibeau, ministre du Développement international et députée de Compton-Stanstead, Dr Guy Breton, recteur de l’Université de Montréal, Ghislain Bolduc, député de Mégantic, David Birnbaum, député de D’Arcy-McGee et adjoint parlementaire de la ministre responsable de l’Enseignement supérieur, et Robert G. Roy, préfet de la MRC du Haut-Saint-François.

Fini l’incertitude à l’Observatoire du Mont-Mégantic

La saga du financement de l’Observatoire du Mont-Mégantic (OMM) est terminée. Terminées également l’incertitude et les préoccupations tous les deux ans pour les chercheurs et professeurs des universités de Montréal et Laval, propriétaires de cet équipement scientifique, dont la survie était loin d’être assurée à moyen et long termes.

En conférence de presse, mercredi avant-midi, le gouvernement fédéral, par la voix de la ministre du Développement international et députée de Compton-Stanstead, Marie-Claude Bibeau, a annoncé une subvention non remboursable de 2,5 millions $ sur cinq ans à l’Université de Montréal, pour garantir la pérennité de l’Observatoire. Mme Bibeau agissait au nom du ministre de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique et ministre responsable de Développement économique Canada pour les régions du Québec, Navdeep Bains, et de la ministre des Sciences et des Sports, Kirsty Duncan.

Le député de Mégantic, Ghislain Bolduc, a fait de même pour le gouvernement québécois, au nom de la vice-première ministre, ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation et ministre responsable de la Stratégie numérique, Dominique Anglade. Il annonçait ainsi une aide financière non remboursable de 1,5 million $ sur les cinq prochaines années. M. Bolduc était accompagné par le député de D’Arcy-McGee, David Birnbaum, également adjoint parlementaire de la ministre responsable de l’Enseignement supérieur, Hélène David.

Ce soutien total de 4 millions $ sur cinq ans des gouvernements se veut proportionnel à l’importance élevée qu’ils accordent à cette infrastructure de recherche et de formation scientifique pour l’Estrie, le Québec et le Canada.

« Quel plaisir! »
« Quel plaisir! », s’est exclamé, au début de son allocution, le directeur de l’OMM, René Doyon, également professeur au département de physique à l’Université de Montréal. « C’est le moment le plus marquant de cette année anniversaire des 40 ans de l’Observatoire! »

« On a travaillé très fort, les partenaires de la région, avec les universités, ensemble avec M. Doyon, pour en venir à annoncer cette bonne nouvelle », a indiqué pour sa part Marie-Claude Bibeau. « Car l’Observatoire est la plaque tournante de l’innovation scientifique au Canada. Plus de 20 000 visiteurs viennent ici chaque année… C’est un leader scientifique et un moteur économique que j’appuie sans hésiter. Même la NASA convient de sa contribution importante comme chef de file en déploiement de télescopes. »

Le préfet de la MRC du Haut-Saint-François, Robert G. Roy, a souligné toute l’importance pour la région, autant dans sa MRC que pour celle du Granit. « La troisième MRC, c’est Sherbrooke, qu’on appelle souvent notre grand frère, qui nous aide souvent à garantir nos entrées, et je veux faire un clin d’œil à Bernard Sévigny et à Denis Coderre, pour leur apport comme partenaires absents aujourd’hui », a-t-il confié.

Ont également pris la parole David Birnbaum, Ghislain Bolduc, Guy Breton, recteur de l’Université de Montréal, et Eugénie Brouillet, vice-rectrice à la recherche, à la création et à l’innovation de l’Université Laval, chacun faisant ressortir à tour de rôle les caractéristiques remarquables de l’OMM, son rayonnement planétaire et son avenir prometteur.

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Soulagement, fierté et enthousiasme

L’annonce d’un financement adéquat pour les cinq prochaines années, assurant la survie de l’Observatoire du Mont-Mégantic (OMM), a fait pousser un soupir de soulagement à certains, et a fait ressentir une bouffée de fierté et d’enthousiasme à d’autres. Car l’OMM représente l’équivalent d’une Tour Eiffel pour les MRC du Granit et du Haut-Saint-François, sur le plan touristique pour l’économie régionale.

« En 1978, il n’y avait qu’une poignée de chercheurs. Ça a beaucoup changé », affirme René Doyon, directeur de l’OMM. « C’est devenu un tremplin, un pivot pour l’astronomie québécoise, une force pour l’astrophysique canadienne. Les petits télescopes comme le nôtre sont encore nombreux dans le monde, car encore pertinents. Le nôtre est une plate-forme unique pour le développement technologique et la formation d’un personnel compétent que l’on retrouve maintenant partout dans le monde. »

« C’est aussi pour le public. Il passe ici 23 000 visiteurs par année. C’est donc un moteur économique en même temps qu’un fleuron de la recherche », souligne M. Doyon. « Je reviens du MIT, à Boston, qui gère un projet pour la NASA, auquel nous participons. Il y a plusieurs synergies comme celle-là. Entre autres, nous avons un projet d’un nouveau spectrographe unique au monde qui va servir de prototype pour de plus gros télescopes, de 30 à 40 mètres de diamètre, comme le gros projet du télescope James Webb, qui sera lancé en 2021. »

Une icône

« Je ne suis pas inquiet pour l’avenir… Ce financement est la preuve qu’ils veulent maintenir l’Observatoire! »

Pour sa part, Marie-Claude Bibeau a témoigné que « en tant que fille des Cantons-de-l’Est, je considère que c’est une icône. Je suis très fière. Nous avons travaillé deux ans et demi, c’était dans mes cinq priorités de campagne électorale. L’Observatoire a une réputation internationale qu’il faut maintenir! »

« L’Observatoire, c’est la clé qui nous donne accès à l’espace, qui nous permet de participer à l’exploration de l’espace comme nation. Par exemple, les yeux du gros projet de télescope James Webb seront canadiens! », s’est réjoui le recteur de l’Université de Montréal, Dr Guy Breton.