La Magogoise d’origine Isabelle Boisvert vit en Australie depuis plusieurs années. Elle confie que les Australiens traversent une période fort difficile en raison des feux qui ravagent de larges portions de leur pays.
La Magogoise d’origine Isabelle Boisvert vit en Australie depuis plusieurs années. Elle confie que les Australiens traversent une période fort difficile en raison des feux qui ravagent de larges portions de leur pays.

Feux en Australie: «Horrible et très inquiétant»

Les feux qui ravagent présentement l’Australie ont fait en sorte que, partout dans le monde, on s’intéresse maintenant davantage au sort de ce pays dirigé par un premier ministre mettant en doute le phénomène des changements climatiques. Originaire de Magog, Isabelle Boisvert peut témoigner de la situation vécue là-bas puisqu’elle habite le secteur de Sydney. Elle confirme que les Australiens n’ont pas le moral ces jours-ci.

« Plus de 20 personnes, dont des pompiers volontaires, sont déjà mortes. Plusieurs ont perdu leur maison ou même leur ville. En plus, un nombre inimaginable d’animaux ont péri et des forêts entières ont été détruites. Alors oui, les feux et l’inaction du gouvernement ont un impact sur le moral des Australiens en ce moment », reconnaît Mme Boisvert dans un courriel qu’elle a fait parvenir à La Tribune.

Entre autres, la Magogoise d’origine raconte que de nombreux Australiens ont acheté des masques pour protéger leur système respiratoire et des purificateurs d’air. « Les applications en ligne qui permettent de connaître la qualité de l’air et la localisation des feux font désormais partie du quotidien », ajoute-t-elle.

À LIRE AUSSI: Incendies en Australie: l’armée déploie des réservistes [PHOTOS]

Les incendies en Australie déciment koalas et autres espèces sauvages uniques

Des proches d’Isabelle Boisvert vivant au Québec se sont inquiétés pour elle au cours des derniers jours. Elle les a toutefois rassurés du mieux qu’elle a pu. Le secteur où elle habite n’est pas le théâtre de feux incontrôlés et elle se sent visiblement en sécurité.

« Ce qui se passe en Australie est horrible et très inquiétant. Je vois moi aussi les pires images aux nouvelles et sur les médias sociaux. Il y a des raisons d’être inquiets, mais pas pour moi directement. »

Cela dit, Mme Boisvert vit entourée d’Australiens qui sont davantage touchés qu’elle. « Un couple d’amis vivant à Canberra avec ses deux enfants est inquiet, car leur ville avait le pire indice de qualité de l’air au monde mercredi. D’autres amis souffrant d’asthme ont dû rencontrer leurs médecins pour une révision de leur plan d’action médical », confie celle qui est professeure à l’Université de Sydney.

Et elle raconte l’histoire d’un second couple d’amis qui a potentiellement perdu sa « maison de vacances » à cause des feux, mais qui est incapable d’en avoir la confirmation parce qu’il ne peut se rendre jusqu’à elle. « En attente de son premier enfant, ce couple est resté pris à un endroit quelques jours entre deux tronçons d’autoroute bloqués. Il a passé le Nouvel An sans téléphone ni d’accès à l’internet », poursuit-elle.

Qui sera à l’abri?

Lorsqu’on demande à Isabelle Boisvert si elle songe à quitter l’Australie, elle souligne que l’Australie n’est pas le seul pays à être confronté aux conséquences des changements climatiques.

« Alors qu’ici la sécheresse et les feux s’intensifient, ailleurs dans le monde, il y a aussi plus d’inondations, de tempêtes et autres conditions météorologiques qui pourraient à plus long terme rendre la vie difficile à divers endroits. Ce n’est pas simple de savoir quels lieux seront à l’abri. »

Dans la foulée, elle affirme s’inquiéter non seulement pour sa vie en Australie, mais pour la planète dans son ensemble. « Je ne crois toutefois pas qu’il soit trop tard, précise-t-elle. Je garde espoir que de nouvelles technologies sans gaz à effet de serre soient développées et remplacent celles qu’on utilise actuellement. Nous pouvons également planter plus d’arbres et diversifier les modes de transport », propose-t-elle.

Catastrophique

Des réservistes de l’armée se sont déployés, lundi, dans les zones ravagées par les feux de forêt dans trois États australiens après un week-end catastrophique sur le front des incendies, qui ont fait 24 morts depuis septembre et dévasté une superficie presque équivalente à l’île d’Irlande.

En dépit des conditions météorologiques plus clémentes observées lundi, les autorités ont averti que la crise était loin d’être terminée, alors que les incendies, beaucoup plus précoces et virulents cette saison, ont dévasté d’immenses étendues boisées.

Critiqué pour la lenteur de sa réponse, mais aussi pour son piètre bilan en matière de lutte contre le réchauffement climatique, le premier ministre conservateur Scott Morrison s’est engagé à verser sur deux ans deux milliards $ australiens dans un fonds d’aide. Avec l’Agence France-Presse