Si la fermeture s’étirait, certaines écoles seraient en mesure d’offrir des cours à distance, d’autres pas. Or, dans le milieu scolaire, on soulève plusieurs enjeux, dont ceux de l’équité sociale.

Fermeture des écoles : un apprentissage à géométrie variable?

Les différentes consignes données aux élèves dans chacun des établissements soulèvent certaines préoccupations devant l’apprentissage à géométrie variable des jeunes. En outre, en cas de fermeture prolongée, les établissements ne seraient pas tous en mesure de faire face à la situation de la même façon.

Si la fermeture s’étirait, certaines écoles seraient en mesure d’offrir des cours à distance, d’autres pas. Or, dans le milieu scolaire, on soulève plusieurs enjeux, dont ceux de l’équité sociale. 

Des parents dont les enfants fréquentent le système public s’étonnaient de recevoir des plans de travail pour leurs enfants, alors que Québec a décrété une fermeture de deux semaines. 

« Ça reste de l’autonomie professionnelle de prendre cette décision », note le président du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie (SEE), Richard Bergevin, en ajoutant que les directions ne peuvent pas imposer quoi que ce soit aux enseignants. Le SEE représente des professeurs des commissions scolaires de la Région-de-Sherbrooke, des Hauts-Cantons et des Sommets. 

« Les enseignants se retrouvent à la maison dans des contextes différents… » souligne-t-il en rappelant qu’il commente dans un contexte où la fermeture est de deux semaines.

L’idée que cette fermeture puisse se prolonger soulève la question des cours en ligne… et de l’équité. 

Certaines écoles privées, et certaines au public, seraient en mesure de poursuivre les apprentissages à distance. « On ne s’est pas donné les moyens de faire du télé-enseignement dans le réseau public principalement », commente M. Bergevin, en rappelant que dans certains milieux, par exemple, les familles n’ont pas accès à internet. 

Le président du SEE dit avoir une préoccupation au sujet de « l’iniquité des systèmes d’éducation. Il y a le privé, le public. Même au public, il y a des divisions. »

L’apprentissage d’abord

À Montessori Orford, dès vendredi dernier, toute l’équipe était en mode réorganisation à distance. Des écoles comme le Séminaire de Sherbrooke (qui pour le moment n’envoie que des plans de travail) organisent aussi à l’occasion des journées en ligne, où les élèves sont invités à demeurer à la maison. 

« J’ai de la difficulté à me prononcer parce que ce n’est pas ma responsabilité. J’ai déjà enseigné sur des plateformes virtuelles. Pour moi, c’est une évidence que c’est facile », commente Sylvie Gauvreau, directrice à l’école Montessori Orford, au sujet des différences engendrées par ce contexte exceptionnel.  

Celle qui est aussi enseignante a déjà travaillé pour le Cirque du Soleil. Elle s’est plutôt demandé comment elle pouvait offrir un bon service à sa clientèle et comment elle pouvait appuyer ses élèves et leurs parents, souligne-t-elle en ajoutant que le soutien de son équipe a été indéfectible. « Ce qu’on veut, c’est de favoriser l’apprentissage », note Mme Gauvreau, qui a de la difficulté à croire que la fermeture des écoles ne s’étirera pas. 

Richard Bergevin dit avoir une pensée, en ce moment, pour les élèves en difficulté. Difficile pour le moment de connaître les impacts pour eux, le spectre étant très large. Certains, pour qui l’école est un stress, pourraient bénéficier de ce temps d’arrêt imposé. Or, avance aussi M. Bergevin, si cette pause se prolongeait trop longtemps (au-delà de la fin mars), ces mêmes élèves pourraient avoir du mal à suivre le rythme d’un enseignement compressé au retour.