La résidence de l’Or blanc d’Asbestos fermera ses portes dans six mois, forçant 45 résidents à se relocaliser et une quinzaine d’employés à chercher du boulot.

Fermeture: 45 aînés devront déménager d’ici six mois

Pas moins de 45 résidents devront déménager d’ici six mois à la suite de l’annonce de la fermeture de la résidence pour aînés de l’Or blanc d’Asbestos. Une nouvelle qui a bouleversé non seulement les résidents et leur famille, mais aussi la quinzaine d’employés qui devront chercher un nouveau boulot.

La rumeur flottait déjà depuis quelques semaines à Asbestos, mais cela n’a pas atténué les émotions lors de l’annonce officielle de la fermeture de la résidence mercredi matin.

« Vous auriez dû voir. Tout le monde pleurait, autant les résidents que les employés », relate un citoyen d’Asbestos dont la mère habite à l’Or blanc depuis cinq ans.

C’est avec émotion (et un peu de frustration, il ne le cache pas) que ce dernier devra envisager le déménagement de sa mère. Et comme les options qui s’offrent à eux sont à l’extérieur d’Asbestos (Danville, Wotton ou Sherbrooke par exemple), ce sera un grand chamboulement.

« Quand ma mère voulait une liqueur ou un chip, j’allais lui chercher. Quand elle voulait aller prendre une marche, j’allais la rejoindre rapidement. Tous ses frères et sœurs habitent proche. Ce ne sera pas pareil ailleurs. »

Une décision difficile
La résidence de l’Or blanc a été fondée il y a plus de 30 ans par Marcel Savoie, décédé l’année dernière. Sa fille, Mélisa Savoie, est administratrice du bâtiment et elle assure que ce n’est pas par gaieté de cœur que cette décision a été prise.

La résidence devait en effet se conformer aux normes du Code du bâtiment 2010 pour continuer ses activités. Parmi les ajustements à faire, il aurait fallu rendre la structure incombustible. Des investissements trop importants qui ont mené à la décision de vendre la bâtisse, qui sera transformée immeuble locatif. La transaction a été conclue il y a quelques semaines.

« J’étudie le dossier depuis le début de l’année, il y a eu beaucoup de choses à clarifier avec la Régie du bâtiment du Québec. Encore cette semaine je discutais avec eux », signifie Mélisa Savoie.

C’est elle qui a dû annoncer la triste nouvelle mercredi matin aux résidents et à leur famille.

« Nous sommes les premiers peinés. Si on avait pu, on aurait continué. On ferme le livre sur une belle histoire. J’ai été élevé avec les gens là-bas. Il y a des employés qui sont là depuis le début. Mais les contraintes étaient trop grandes », explique-t-elle en appuyant sur le fait que la douceur sera le mot d’ordre pour la relocalisation des résidents.

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS et des travailleurs sociaux seront donc présents pour évaluer la situation au cas par cas et aider les 45 aînés logeant à l’Or blanc à se relocaliser. La date butoir est fixée au 9 novembre.

Mélisa Savoie explique d’ailleurs que la situation n’est pas unique. Plus de 300 résidences au Québec ont subi le même sort. Malgré une aide gouvernementale pour l’ajout de gicleurs, les sommes à investir demeurent impossibles à assumer pour les petites entreprises.

« Un choc immense vient de s’établir entre tous les résidents et employés. On perd une famille […]. Mais je peux vous dire que ces six derniers mois qu’ils nous restent seront inoubliables », pouvait-on lire sur le profil Facebook d’une employée de la résidence.