Le restaurant Le Temps des Cerises à Danville est à vendre pour 295 000 $ avec tous l’équipement à l’intérieur. S’il n’est pas vendu d’ici décembre, il sera converti en résidence puis vendu.
Le restaurant Le Temps des Cerises à Danville est à vendre pour 295 000 $ avec tous l’équipement à l’intérieur. S’il n’est pas vendu d’ici décembre, il sera converti en résidence puis vendu.

Faute de relève, Le Temps des Cerises de Danville fermera en décembre

Simon Roberge, Initiative de journalisme local
Simon Roberge, Initiative de journalisme local
La Tribune
À moins de trouver un acheteur de dernière minute cet automne, le restaurant Le Temps des Cerises sur la rue du Carmel à Danville fermera ses portes à la fin du mois de décembre. Martine Princen-Satre et Patrick Satre, qui possèdent le restaurant depuis 33 ans, tentent sans succès de le vendre depuis trois ans.

« La première année, on ne le criait pas sur tous les toits, la deuxième on a parlé plus ouvertement et là on en a vraiment parlé à tout le monde, explique Martine Princen-Satre. On a mis le restaurant dans les mains d’un agent immobilier parce qu’on ne sait vraiment plus quoi faire. On a fait le tour et on a même acheté de la pub en Europe. Mais de toute façon, au mois de décembre, je prends ma retraite. »

C’est l’âge qui rattrape les deux propriétaires qui ont acquis l’établissement en 1987.

« Mon mari a eu 65 ans cette année, souligne Mme Princen-Satre qui soufflera bientôt 63 bougies. Comme tout le monde, on veut prendre notre retraite. »

Les intolérances des clients à plusieurs aliments, les régimes spécifiques et les demandes spéciales de plus en plus exigeantes rendent le métier de plus en plus difficile selon elle. La COVID n’a pas aidé non plus. 

« C’est un métier qui est sous-payé et qui demande un engagement personnel, admet-elle. Pendant la COVID, on a goûté aux soirées à la maison et c’est dur de retourner au boulot tous les soirs et la fin de semaine. »

Le restaurant est donc à vendre pour 295 000 $ avec tous l’équipement à l’intérieur. S’il n’est pas vendu d’ici décembre, il sera converti en maison puis vendu.

« Si c’est quelqu’un qui a du potentiel, on peut toujours louer le restaurant aussi, on est rendu là, indique Mme Princen-Satre. Mais il faut que ça intéresse la personne d’être restaurateur. J’ai la clientèle la plus sympa qui soit. On est très choyé. »

Les propriétaires déplorent d’avoir de la difficulté à trouver une relève pour leur restaurant, mais assurent être en paix avec leur décision.

« Ça me fait de la peine pour le village et pour les employés, explique la restauratrice qui emploie une dizaine de personnes au restaurant. Je trouve que c’est du gaspillage. C’est une entreprise qui est appréciée et qui mériterait d’être perpétuée. J’ai tout donné et j’ai fait tout ce que j’ai pu et ça ne me fait pas de peine. »

Elle estime toutefois que les restaurateurs devront faire preuve de créativité pour rester en affaires dans les prochaines années.

« Les banques ne financent pas les restaurants et un moment donné ça va poser problème, souligne-t-elle. Il y aura probablement un renouveau comme on a vu avec les microbrasseries. Je pense que la restauration va prendre une autre forme. La COVID a amené beaucoup de nouvelles ouvertures pour le métier. Quelqu’un de créatif va trouver des solutions, mais moi, ça ne m’intéresse plus. Je suis passé à autre chose. »

« Avec le projet d’Alliance Magnésium, la région va mieux qu’elle n’allait, résume-t-elle. C’est prometteur et c’est dommage que les gens ne voient pas le potentiel. La restauration indépendante est en voie de disparition. »