Exportation d'électricité : Hydro piquée au vif

Hydro-Québec n'a pas l'intention de ralentir ses exportations d'électricité vers les États-Unis, malgré l'opinion d'experts exprimée lundi à ce sujet à Montréal. Les projets d'aménageant de ligne de transport, comme celle du projet Northern Pass qui doit traverser le mont Hereford, sont «très rentables».
La société d'État a été piquée au vif par les propos de trois experts des questions énergétiques qui déconseillent à Hydro-Québec de miser sur l'exportation d'électricité aux États-Unis. Dans La Tribune, ceux-ci soutenaient qu'il s'agit d'un exercice de plus en plus périlleux pour le Québec.
«Nous sommes surpris d'entendre cela», lance Simon Bergevin, directeur du parquet des transactions énergétiques. «Les exportations représentent 800 M$ de bénéfices. C'est des revenus supplémentaires provenant de l'extérieur de la province.»
«C'est justifié d'établir des lignes de transport vers l'extérieur.»
La volonté d'acheter américain chez nos Voisins du sud, la difficulté d'aménager de nouvelles lignes de transport en raison de plus en plus difficiles à faire accepter par les populations locales et la concurrence dans le domaine de l'énergie minent les projets d'Hydro, notent les experts. Pour M. Bergevin, il y a un sentiment «Buy American» au pays de Donald Trump, mais les États ont besoin d'énergie propre pour atteindre leurs cibles environnementales.
Des centrales à énergie thermique ferment en Nouvelle-Angleterre, ajoute-t-il, en raison de la vétusté de certains équipements. Les prix de l'hydroélectricité sont depuis longtemps plus stables que ceux des autres types d'énergie, comme le gaz par exemple.
Mont Hereford
Concernant le tracé choisi pour le projet Northern Pass, Lynn St-Laurent, conseillère stratégique en communications, Hydro-Québec a longuement consulté la population du secteur du mont Hereford, dans «une approche de développement durable».
«Les gens de l'endroit nous ont dit de ne pas faire passer la ligne à l'est du mont Hereford, en raison des exploitations agricoles et forestières qu'on y retrouve.»
Les exportations ont généré des profits de quelque 803 M$ en 2016, et d'environ 7 G$ depuis 10 ans, ajoute-t-elle. «Lorsque nous acheminons notre énergie à la frontière pour l'exporter, elle n'est pas identifiée à une centrale de production en particulier. Notre coût moyen de production tient compte de toutes nos unités de production, des plus récentes à celles dont l'amortissement achève.»
Ce coût moyen est de 2,11 cents/kWh, et notre prix moyen à l'exportation était de 4,8 cents/kWh en 2016. Pour ce qui est de Northern Pass et les coûts de transport, Hydro-Québec réalisera ce projet de manière à ce qu'il soit rentable pour les Québécois.»
L'augmentation des exportations vers la Nouvelle-Angleterre est avantageuse de part et d'autre de la frontière, insiste Mme St-Laurent. «Pour le Québec, elle représente une source importante de rentrées d'argent qui peut aider Hydro-Québec à tenir son engagement à doubler ses revenus au profit des Québécois», affirme-t-elle.
«Pour la Nouvelle-Angleterre, l'hydroélectricité québécoise répond au besoin d'une énergie fiable à faible empreinte carbone apte à complémenter les énergies intermittentes. Il s'agit donc d'un excellent approvisionnement pour les consommateurs de la Nouvelle-Angleterre, à court terme et à long terme aussi puisque leurs besoins en énergie seront grands pour les années à venir en raison des retraits de centrales actuellement en exploitation et des cibles ambitieuses de réduction des gaz à effet de serre de la région. »