La commission d’enquête est présidée par Joseph Zayed (au centre), secondé par les commissaires Marie-Hélène Gauthier et Pierre Magnan.

Exploitation des résidus miniers: «Essentielle» à la vitalité d’Asbestos

L’exploitation des résidus miniers amiantés est « essentielle » à la vitalité économique de la région d’Asbestos selon Alain Rayes, député fédéral de Richmond-Arthabaska. Il présentait un mémoire dans le cadre des audiences publiques du BAPE pour son enquête sur l’amiante et les résidus miniers amiantés qui se poursuivaient à Asbestos jeudi soir.

Alain Rayes a profité de son allocution pour faire l’éloge d’Alliance Magnésium, l’initiative de production de magnésium la plus avancée au Québec.

« Il y a un potentiel pour des centaines d’années, mentionne-t-il. Les jeunes nous poussent au niveau environnemental et la technologie d’Alliance Magnésium est l’une des plus vertes. L’entreprise fait partie des 50 projets ayant le plus grand potentiel au Canada. Je ne vois pas pourquoi on devrait se priver d’un succès comme ça. Ce sont des retombées économiques et de bons emplois. Il y a un rayonnement provincial, national et même international. »

M. Rayes a fait quatre recommandations au BAPE dont celle, dans l’éventualité où des décisions ayant un impact sur l’activité économique de la région soient prises, qu’un dédommagement soit offert à la Ville d’Asbestos et aux différents partenaires qui ont investi temps et argent dans des projets liés de près ou de loin à l’industrie minière et à ses résidus.

« S’il fallait que le gouvernement décide d’aller dans une direction qui nuirait à la région, le message que je veux envoyer c’est qu’il devra y avoir des compensations, mentionne le lieutenant du Québec du Parti conservateur. De toute façon, j’ai de la misère à croire qu’on va arriver là. »

Alain Rayes

Une requête d’analyse environnementale

Le groupe citoyen Groupe Vie d’Ham s’est adressé directement au ministère de l’Environnement en déposant son mémoire, signé par 150 citoyens, en demandant une requête d’évaluation environnementale sur un procédé très précis utilisé par Alliance Magnésium, celui de l’électrolyse au chlore pour produire du magnésium. L’inquiétude du Groupe Vie d’Ham est que la production de magnésium par Alliance Magnésium produise des organochlorés et que ceux-ci soient relâchés dans l’air. Ces polluants peuvent contaminer la chaîne alimentaire et être cancérogènes.

« Le BAPE est biaisé, le mandat n’est pas complet, souligne Sylvie Berthaud, porte-parole du groupe. C’est Magnola 2, c’est un procédé qui n’a jamais été viable pour faire du magnésium. Le cas est pressant avec Alliance Magnésium. Oui il y a les fibres d’amiante, mais c’est plus local comme enjeu. Les organochlorés sont bannis mondialement. »

Alliance Magnésium, qui a également déposé un mémoire jeudi, a tenu à rappeler qu’il existe des différences majeures avec l’ancienne usine Magnola, qui n’aura finalement été en opération que durant quelques années de 2000 à 2003 avant de fermer.

« Les gens ont tendance à faire des parallèles avec Magnola, mais on a une approche technologique complètement différente, explique Dr Joël Fournier, président et fondateur d’Alliance Magnésium. C’est comme comparer une auto des années 1950 avec une Ferrari d’aujourd’hui. On ne peut pas faire cette équation. Ce sont des gens qui n’ont probablement pas l’information en main et pourtant on l’a dit à maintes reprises. Si on ne met pas de carbone, on ne peut pas produire d’organochlorés. C’est aussi simple que ça. Pas besoin d’être un grand scientifique pour comprendre ça. »

La présentation des mémoires se poursuit vendredi dès 9 h au Centre des loisirs d’Asbestos. La Ville d’Asbestos et le député de Mégantic-L’Érable, Luc Berthold prendront notamment la parole.

La commission d’enquête est présidée par Joseph Zayed, secondé par les commissaires Marie-Hélène Gauthier et Pierre Magnan.