Souhaitée à la fois par le gouvernement du Canada et celui des États-Unis, l’étude en question porte plus précisément sur les nutriments susceptibles de favoriser la croissance des algues dans le lac Memphrémagog.

Étude au lac Memphrémagog: plus de temps pour produire le rapport

La Commission mixte internationale accorde un délai supplémentaire de six mois au Groupe consultatif de l’étude sur le lac Memphrémagog afin de lui permettre de présenter un rapport suffisamment étoffé concernant les « charges en éléments nutritifs » présentes dans le lac Memphrémagog.

« La demande de report formulée par le Groupe consultatif a été autorisée pour s’assurer que l’on dispose du temps et de l’attention nécessaires pour préparer un rapport d’étude de grande qualité, bien fondé et répondant aux objectifs précisés dans la demande des gouvernements », a indiqué la Commission mixte internationale par voie de communiqué.

Souhaitée à la fois par le gouvernement du Canada et celui des États-Unis, l’étude en question porte plus précisément sur les nutriments susceptibles de favoriser la croissance des algues dans le lac Memphrémagog. Ces nutriments sont souvent transportés par l’eau ruisselant sur les terres situées en périphérie.

Président du Memphrémagog conservation inc. (MCI), Robert Benoit souligne que cette organisation ainsi que la Memphremagog Watershed Association, un groupe américain, ont la responsabilité conjointe de l’étude sur le terrain. Les données recueillies permettront éventuellement de ralentir la prolifération des algues dans le Memphrémagog.

S’il ne peut pas s’opposer à la réalisation d’une telle étude, M. Benoit ne paraît pas convaincu qu’elle apportera un éclairage nouveau. « Ça fait 30 ans qu’on a des études sur la question des nutriments, dont le phosphore, présents dans le lac », lance-t-il.

Le président du MCI l’admet sans difficulté, il aurait beaucoup aimé que la Commission mixte internationale se penche sur les dangers posés par le site d’enfouissement de Coventry, qui est situé non loin du lac Memphrémagog.

Sa position rejoint d’ailleurs celle du député de Brome-Missisquoi, Denis Paradis, lequel a réclamé plus d’une fois que la commission scrute de près divers éléments liés au dossier Coventry.

Notons que la Commission mixte internationale s’intéresse d’abord et avant tout aux lacs et rivières qui traversent la frontière entre le Canada et les États-Unis. Ses travaux l’amènent régulièrement à émettre des recommandations aux gouvernements de ces deux pays.

Paradis poursuit son travail

Denis Paradis révèle qu’il devrait bientôt rencontrer un important représentant de l’ambassade des États-Unis, à Ottawa, dans le but de discuter avec lui du dossier Coventry. Il tentera aussi de s’entretenir avec l’ambassadrice Kelly Craft à ce sujet.

« Oui, j’ai peur des impacts qu’aurait le projet d’agrandissement du site d’enfouissement de Coventry. D’ailleurs, quand je parle à des gens, j’en entends qui se demandent si les dés sont pipés dans ce dossier-là. On veut protéger l’eau du Memphrémagog et, pour arriver à ça, on a besoin de la collaboration des États-Unis. Je travaille là-dessus », affirme M. Paradis.

Rappelons que le site d’enfouissement en question se trouve aux abords de la rivière Black, qui se jette dans le lac Memphrémagog, aux États-Unis. Une partie du lixiviat hautement toxique est également traitée à proximité du plan d’eau et on craint le rejet de quantités importantes de contaminants dans celui-ci.