Richard Custeau, dont le frère Réal est au nombre des victimes du déraillement de juillet 2013, craint que le projet Espace mémoire n’atteigne pas le but de rendre hommage aux 47 victimes.

Espace mémoire de Lac-Mégantic : un moratoire demandé

Richard Custeau demande un moratoire sur le projet d’Espace mémoire en développement. Membre et porte-parole du comité citoyen mis sur pied pour voir à la réalisation du projet, M. Custeau soulève des questions quant à la place laissée aux 47 victimes dans l’Espace.

L’Espace mémoire se veut un lieu de recueillement, un repère au centre-ville historique de Lac-Mégantic, un espace réservé, sobre et vivant, en hommage à la suite des événements tragiques de juillet 2013.

Monsieur Custeau a demandé à ce que le projet soit mis sur la glace jusqu’à ce qu’une rencontre avec le conseil municipal puisse avoir lieu, ce qui devrait survenir la semaine prochaine, lors du retour de vacances de la mairesse Julie Morin. Cette dernière a tout de même fait savoir que ce projet est d’importance pour la Ville de Lac-Mégantic.

Richard Custeau, dont le frère Réal est au nombre des victimes du déraillement de juillet 2013, craint que le projet n’atteigne pas le but de rendre hommage aux 47 victimes.

« Je respecte l’opinion des proches des victimes qui ne souhaitent pas que soient à nouveau étalés les noms des 47 victimes. De toute façon, ils sont déjà dans le livre de granit qui a été érigé dans le petit parc juste devant l’église Sainte-Agnès, tout près de l’Espace mémoire. Ça me va », avoue Richard Custeau.

« Mais actuellement, à voir aller les choses, j’ai peur que cet espace soit surtout couvert de béton seulement, de gradins pour que les gens s’assoient, et qu’il n’y ait rien pour rappeler les 47 victimes, même pas un simple clin d’œil. C’est un lieu sacré, très particulier, je ne veux pas d’un parc, on a déjà un beau parc des Vétérans. Notre passé fait maintenant partie de notre présent et de notre futur. J’ai proposé de planter 47 arbres, ça n’a pas été retenu. J’ai proposé qu’il y ait 47 roches, on n’a pas gardé le chiffre de 47 roches non plus. »

Il rappelle que le compte à rebours final approche, les travaux de construction du projet doivent débuter très bientôt, au printemps.

« Ce qui m’énerve, ce n’est pas pour moi personnellement, mais qu’il n’y a rien de prévu pour rappeler, d’une infime manière, qu’il y a eu 47 victimes. Je crois qu’il ne faut pas passer à côté, quand même, qu’il y ait un hommage aux 47 victimes, même si c’est de façon très impersonnelle. Il faut trouver une façon de se rappeler qu’il y a eu ces victimes, sans œillères. Là j’ai l’impression qu’on manque le bateau. Sans que ce soit de manière trop provocante, ni trop choquante, sans être trop tristes non plus. Mais il faut un minimum, un geste en lien avec les victimes et leur nombre », continue M. Custeau.

« Je reçois des commentaires de toutes sortes, je demande à tous ceux qui m’en envoient de rester respectueux, c’est une simple modification que je demande pour que le projet soit acceptable, pour que tous puissent se retrouver, sans fantaisies ni négativisme, avec un équilibre, minimalement, sans avoir oublié personne. J’ai aussi suggéré un module en aluminium, avec 47 étoiles à différentes hauteurs… Il faut que cet espace veuille dire quelque chose! Je souhaitais aussi qu’on s’en tienne au budget de départ de 500 000 $, c’était déjà assez cher. Là on est rendu à plus de 600 000 $ et on n’a même pas commencé! J’ai peur qu’on perde la face avec tout ça! »