Une grande quantité d’équipements de protection individuels, notamment les gants et les masques, prennent le chemin des sites d’enfouissement après utilisation.
Une grande quantité d’équipements de protection individuels, notamment les gants et les masques, prennent le chemin des sites d’enfouissement après utilisation.

Équipements de protection aux rebuts: le CIUSSS de l’Estrie en mode solutions

Dès le début de la pandémie liée au nouveau coronavirus, les problèmes d’approvisionnement d’équipements de protection individuels (ÉPI) pour les travailleurs du réseau de la santé ont été au coeur des préoccupations du gouvernement Legault, notamment les fameux masques N95. Or, bien qu’une grande partie de ce matériel prenne la direction de sites d’enfouissement une fois désuet, le CIUSSS de l’Estrie a trouvé des solutions pour en réduire l’empreinte écologique.

«Ça fait des années que l’on se soucie du développement durable. Il ne faut pas que ce soit un dossier mis dans une fiche verte parmi tant d’autres. On doit poser des gestes concrets et faire des choix responsables», a indiqué en entrevue Marco Lemay, conseiller en développement durable au CIUSSS de l’Estrie.

Ce dernier a toutefois concédé que l’utilisation d’ÉPI dans le cadre de la crise entourant la COVID-19 pose certains problèmes si l’on tente d’éviter de les envoyer aux rebuts. «Présentement, c’est très difficile de recycler et revaloriser les ÉPI à usage unique, a-t-il dit. On a lancé des perches, mais c’est très embryonnaire.»

Parmi ces équipements, on retrouve notamment les blouses. Plutôt que d’opter pour du matériel jetable, le CIUSSS a trouvé un fournisseur québécois qui fabrique des jaquettes lavables.

«C’est intéressant pour notre institution, mais aussi pour tout le réseau de la santé. En plus de réduire considérablement les déchets, comme c’est fait ici, la pollution liée au transport est minimisée pour l’approvisionnement», a mentionné M. Lemay.

Marco Lemay, conseiller en développement durable au CIUSSS de l’Estrie.

Une fois souillées, les blouses sont acheminées à une buanderie centralisée pour les établissements du CIUSSS.

Certaines compagnies ont mis au point des systèmes de désinfection par ultraviolets. Le CIUSSS n’a toutefois pas préconisé cette approche pour les masques N95. L’organisation suit plutôt l’orientation de l’Institut national de santé publique du Québec, qui prévoit leur réutilisation «jusqu’à cinq fois» selon des conditions spécifiques.

En ce qui concerne les visières et les lunettes, des procédures de désinfection ont été mises en place, a mentionné le conseiller en développement durable. Malheureusement, les gants et certains types de masques prennent le chemin du dépotoir après utilisation.

Volume

Étant donné l’ampleur sans précédent de la crise sanitaire, le volume d’ÉPI requis pour protéger le personnel du réseau de la santé et les patients est bien supérieur à la normale, a indiqué Marco Lemay. Le CIUSSS de l’Estrie ne dispose toutefois pas de statistiques probantes à ce sujet. Du moins pas pour l’instant.

La quantité de matériel de protection envoyé dans des sites d’enfouissement suit la même tangente. Un relevé dans trois centres d’hébergement de Sherbrooke tend à corroborer cette information.

«Une qualité des ÉPI, c’est qu’ils sont légers. Mais c’est également un défaut parce qu’ils se compactent très peu dans les conteneurs. On n’a pas noté de hausse de tonnage dans les rebuts. Par ailleurs, pour trois CHSLD [choisis au hasard], on a un voyage de déchets de plus au cours des deux derniers mois comparativement à pareille date l’an passé», a expliqué M. Lemay.

Malgré la complexité du dossier des ÉPI, le CIUSSS ne lance pas la serviette pour tenter de réduire ce type de rebuts. «Sur le plan de la santé publique, les ÉPI sont indispensables, a fait valoir le représentant du CIUSSS. [...] (Mais) l’empreinte écologique de nos activités est également une priorité.»